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Victoire de l'AfD : Siegmund évoque une "chancelière Alice Weidel"

Ulrich Siegmund, tête de liste de l'AfD en Saxe-Anhalt, à la conférence de presse fédérale à Berlin, le 7 septembre 2026
Ulrich Siegmund, tête de liste de l'AfD en Saxe-Anhalt, à la conférence de presse fédérale à Berlin, le 7 septembre 2026 Tous droits réservés  Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved
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Par Laura Fleischmann
Publié le
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Après sa nette victoire électorale en Saxe-Anhalt, la cheffe de l’AfD Alice Weidel revendique un mandat national et fustige Friedrich Merz et la CDU.

Jamais l'AfD n'a enregistré un tel succès. La coprésidente de l'AfD, Alice Weidel, qualifie devant la presse la victoire électorale du parti d'extrême droite en Saxe-Anhalt de "historique". Il s'agit selon elle d'un "résultat de rêve", auquel aurait notamment contribué la très forte mobilisation des anciens abstentionnistes par l'AfD.

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"Tout cela est bon pour la démocratie en Allemagne et en Saxe-Anhalt", déclare Weidel. Pour la CDU, le résultat est un "désastre". La population aurait perdu confiance. Selon les dernières projections, l'AfD atteint actuellement 43,8 % et est ainsi devenue de loin la première force lors des élections régionales en Saxe-Anhalt dimanche dernier. La CDU ne recueille que 17,2 %, soit environ la moitié de son score d'il y a cinq ans.

Avant les scrutins, une chose est promise et, après, autre chose est faite, dénonce la cheffe de l'AfD. "Aucun chancelier n'a jamais été aussi impopulaire que Friedrich Merz." Il serait un "fardeau" pour un "développement prospère" de l'Allemagne. Plus tard, Weidel affirme : "L'Allemagne est de facto en faillite". Le pays serait "en faillite".

Après les élections de mars 2025, Merz avait encore fait adopter avec l'ancien Bundestag un paquet financier et d'investissements qualifié d'historique, d'un montant total de 500 milliards d'euros. Avec un ratio de dette publique de 62,8 % du produit intérieur brut (PIB), l'Allemagne se situe au-dessous de la moyenne européenne, qui s'élève à 83,4 %. Dans la zone euro, la moyenne est de 90 %, selon le ministère fédéral des Finances (source en allemand). En 2021, le ratio de dette publique de l'Allemagne atteignait encore 68,1 %.

L'AfD revendique un mandat de gouvernement à l'échelle nationale

Toutes les autres formations feraient, selon Weidel, une politique contre la population. L'AfD prend au sérieux ce "mandat de gouverner", "non seulement en Saxe-Anhalt" mais aussi dans tous les autres Länder et lors des prochaines élections fédérales. "La CDU/CSU ne pourra plus jamais gagner une élection fédérale." Weidel fixe comme objectif de creuser encore l'écart actuel d'environ 10 points. L'AfD devrait, selon elle, atteindre 40 % au niveau national.

Les coprésidents de l'AfD Alice Weidel et Tino Chrupalla avec la tête de liste de l'AfD Ulrich Siegmund, le 6 septembre 2026
Les coprésidents de l'AfD Alice Weidel et Tino Chrupalla avec la tête de liste de l'AfD Ulrich Siegmund, le 6 septembre 2026 (c) Copyright 2026, dpa (www.dpa.de). Alle Rechte vorbehalten

Au niveau fédéral, l'AfD est actuellement créditée de 27 % selon un sondage représentatif de l'institut de recherche d'opinion "Infratest dimap". La CDU/CSU arrive en deuxième position avec 21 %, devant les Verts à 15 %.

Le coprésident Tino Chrupalla, lui aussi, tire à boulets rouges sur la CDU. Le chancelier fédéral Friedrich Merz (CDU) aurait été "le meilleur soutien de campagne" de l'AfD. Si les chrétiens-démocrates poursuivent sur la même voie qu'aujourd'hui, il n'y aura bientôt plus de CDU à l'Est. Dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où le scrutin aura lieu dans deux semaines, la CDU n'est plus qu'à 8 %, selon un sondage "Infratest dimap". L'AfD est en tête avec 35 %, suivie du SPD à 32 % et de Die Linke à 11 %.

L'AfD à la recherche de soutiens

Avant le scrutin, l'AfD avait affirmé vouloir gouverner seule et avec une majorité absolue. Elle avait exclu toute coalition avec la CDU. Les responsables du parti font désormais marche arrière. Chrupalla affirme que la CDU aurait trop vite refusé de serrer la main et que le cordon sanitaire aurait été "rejeté par les urnes".

Ulrich Siegmund, possible futur ministre-président de Saxe-Anhalt, assure lui aussi vouloir "tendre la main à chaque acteur" du Landtag dans un premier temps. L'AfD part à la recherche de groupes parlementaires, voire de députés isolés, prêts à soutenir un gouvernement AfD. Ce n'est qu'ensuite qu'il souhaite se faire élire à la tête du gouvernement régional de Saxe-Anhalt. "Il s'agit d'un mandat de gouvernement tout à fait clair", affirme Siegmund.

À ce stade, Siegmund ne pourrait vraisemblablement être élu ministre-président qu'au troisième tour de scrutin. Il ne dispose pour l'instant pas du soutien nécessaire pour obtenir la majorité absolue requise lors des deux premiers tours. Au troisième, une majorité simple suffit toutefois.

Siegmund : des entreprises veulent l'AfD

Avec la victoire en Saxe-Anhalt, l'AfD semble considérer que la voie est désormais ouverte vers un gouvernement à l'échelle fédérale. Il lui faudrait une "chancelière fédérale Alice Weidel" à Berlin, afin qu'ils puissent écrire l'histoire "côte à côte", souligne Siegmund. Il entend soutenir ce projet dans les semaines et mois à venir, parallèlement au redressement de la Saxe-Anhalt.

Avant le scrutin, des économistes, dont Monika Schnitzer, avaient mis en garde contre les conséquences économiques d'un gouvernement AfD en Saxe-Anhalt. Schnitzer préside le Conseil des sages économiques, le Conseil d'experts chargé d'évaluer l'évolution macroéconomique. "Compte tenu du programme électoral, on peut s'attendre, en cas de prise de pouvoir par l'AfD, à ce que le Land perde nettement en attractivité comme site pour les travailleurs qualifiés et les entreprises", déclarait Schnitzer au "Kölner Stadt-Anzeiger".

Le patron de Deutsche Bank Christian Sewing, le président de la Bundesbank Joachim Nagel et le dirigeant de Bahlsen Alexander Kühnen s'étaient eux aussi exprimés contre un gouvernement AfD.

Siegmund se montre en revanche optimiste : le Land pourrait vivre exactement l'inverse de ce qui se passe actuellement dans la République fédérale, affirme la tête de liste de l'AfD. Certaines entreprises avec lesquelles il est en contact souhaiteraient, selon lui, voir l'AfD gouverner.

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