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Von der Leyen veut contrer Trump avec 200 millions d'euros pour le Groenland

Ursula von der Leyen au Groenland
Ursula von der Leyen au Groenland Tous droits réservés  Mads Claus Rasmussen/Ritzau Scanpix
Tous droits réservés Mads Claus Rasmussen/Ritzau Scanpix
Par Jorge Liboreiro
Publié le Mis à jour
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Ursula von der Leyen défend l'intégrité territoriale du Groenland et annonce un investissement de 200 M€ pour contrer les pressions de Donald Trump

L'Union européenne va investir 200 millions d'euros supplémentaires au Groenland au cours des deux prochaines années afin de renforcer les liens économiques et d'extraire des matières premières, a annoncé Ursula von der Leyen lundi lors d'une visite officielle sur la vaste île de l'Arctique.

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"Nous savons que l'Arctique est devenu l'un des lieux où les plaques tectoniques de la géopolitique se heurtent, nous avons donc un intérêt direct à ce qui se passe ici", a déclaré la présidente de la Commission européenne à Nuuk.

Ce paquet financier vise à renforcer la présence du bloc dans ce territoire semi-autonome, qui est depuis longtemps dans le viseur du président américain Donald Trump.

Le président américain a ébranlé l'alliance transatlantique en cherchant à s'emparer du Groenland, qui appartient au Royaume du Danemark. Les tensions ont culminé en janvier, lorsqu'il a menacé d'imposer de lourds droits de douane pour pousser le Danemark à céder le territoire. Il est ensuite revenu en arrière face à la levée de boucliers.

Mais en juillet, Trump a soudainement ravivé son ambition d'annexer l'île, laissant entendre que le sujet restait au premier rang de ses préoccupations.

Von der Leyen a profité de son déplacement à Nuuk pour souligner le soutien européen face à ce qu'elle a qualifié d'"énormes pressions", même si elle n'a pas cité Trump nommément.

"L'Union européenne est pleinement solidaire du Royaume du Danemark et du peuple du Groenland. Nous le resterons. Et nous voulons être très clairs et répéter ici encore que l'avenir du Groenland doit être décidé par les habitants du Groenland et du Danemark. Personne d'autre", a-t-elle déclaré devant la presse.

"Intégrité territoriale, souveraineté, inviolabilité des frontières. Ce sont des principes fondamentaux du droit international."

À ses côtés, le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, et la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, ont remercié von der Leyen pour ses déclarations.

"Le Groenland a besoin de l'Union européenne, et l'Union européenne a besoin du Groenland", a déclaré Nielsen. "Je suis fermement convaincu que c'est vrai. Nous avons besoin l'un de l'autre."

"Votre voix a été très claire ces dernières années. Nous en avions besoin, et nous en avons besoin aujourd'hui, alors merci pour cela", a déclaré Frederiksen à l'adresse de von der Leyen.

L'UE va investir 200 millions d'euros supplémentaires au Groenland.
L'UE va investir 200 millions d'euros supplémentaires au Groenland. AP Photo

Frederiksen a indiqué que le Danemark était prêt à travailler "plus étroitement" avec les États-Unis comme avec l'Europe sur les questions de sécurité et de défense liées à l'Arctique, une région que le changement climatique rend de plus en plus attractive pour les grandes puissances.

Ce paquet d'investissement sera réparti entre trois domaines clés : la connectivité numérique, notamment les câbles sous-marins et les infrastructures satellitaires ; les énergies propres, avec un accent particulier sur l'hydroélectricité, et l'extraction durable de matières premières critiques.

Le Groenland recèle 25 des 34 minerais que Bruxelles juge essentiels pour le développement au sein de l'UE des systèmes d'énergie renouvelable et des technologies de pointe. Le secteur est monopolisé par la Chine, ce qui laisse l'UE à la merci des contrôles à l'exportation imposés par Pékin.

L'activité minière sur l'île reste toutefois très en deçà de son potentiel, en raison de conditions glaciaires difficiles qui découragent les investisseurs de lancer des projets coûteux.

Les minerais comptaient parmi les arguments avancés par Trump pour justifier sa menace de prendre le contrôle du Groenland, même s'il a confié au New York Times qu'il s'agissait, au fond, d'une question de propriété. Il s'est également plaint que les alliés n'investissaient pas assez dans la région.

Depuis, les Européens tentent de contrer le récit de Trump en renforçant leurs engagements envers le Groenland. Au cours des deux prochaines semaines, des soldats de dix pays participeront à l'exercice Arctic Shield de l'OTAN.

Parallèlement, la Commission travaille à la mise à jour de sa stratégie pour l'Arctique et a réservé 530 millions d'euros spécifiquement pour le Groenland dans sa proposition pour le prochain budget de l'UE.

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