La protection des mineurs en ligne était au cœur du dîner ministériel informel organisé par la présidence irlandaise du Conseil de l'UE.
La Grèce demande la mise en place d’un âge minimum européen commun pour accéder aux réseaux sociaux, ainsi que d’un "contrat social européen" pour mieux protéger les mineurs en ligne.
Lors d’un dîner ministériel informel organisé par la présidence irlandaise sur la protection des enfants en ligne, le secrétaire général grec à la Communication et à l’Information, Dimitris Kirmikiroglou, a plaidé pour "une approche européenne, et non 27 solutions nationales".
La réunion a notamment été consacrée au rapport des coprésidents du groupe spécial d’experts sur la sécurité des enfants en ligne ("Special Panel on Child Safety Online"), créé à l’initiative d’Ursula von der Leyen.
Dimitris Kirmikiroglou a rappelé que le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis avait proposé à la présidente de la Commission européenne de fixer à 15 ans la "majorité numérique" à l’échelle européenne. Athènes demande également une vérification obligatoire de l’âge, une vérification périodique ainsi qu’un mécanisme européen de contrôle assorti de sanctions importantes. En Grèce, l’interdiction nationale d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027.
Le responsable grec a réaffirmé le soutien d’Athènes à un âge minimum harmonisé au niveau européen et salué le rapport, qu’il a qualifié de "base solide et documentée". Selon lui, les principaux risques auxquels les enfants sont exposés en ligne – fonctionnalités addictives, anonymat favorisant les discours toxiques, cyberharcèlement, grooming, anxiété et dépression, algorithmes favorisant l’automutilation et la désinformation – sont liés à la conception même des plateformes, pensée pour maximiser le temps passé en ligne.
"La Grèce a agi, elle ne s’est pas contentée de paroles", a déclaré Dimitris Kirmikiroglou, citant notamment les mesures prises sur les seuils d’âge et l’application Kids Wallet, qui permet aux parents de vérifier l’âge de leurs enfants et de fixer des limites.
Il a également rappelé que la Grèce fait partie des sept pays participant à la phase pilote du mécanisme européen de vérification de l’âge. "La simple autodéclaration de l’âge ne fonctionne pas", a-t-il estimé, plaidant pour que la sécurité soit intégrée dès la conception des plateformes.
Selon lui, le défilement infini, la lecture automatique, les notifications et les algorithmes de recommandation favorisant l’addiction devraient être désactivés par défaut pour les mineurs, la charge de la preuve devant revenir aux plateformes.
"Nous avons besoin d’une approche européenne, et non de 27 solutions nationales", a-t-il conclu.
Les restrictions ne suffisent pas
Les restrictions à elles seules ne suffisent pas, a insisté le secrétaire général à la Communication et à l’Information, soulignant que l’Union européenne doit aussi soutenir les stratégies nationales d’éducation aux médias afin de donner une impulsion positive à la nouvelle génération.
Évoquant Socrate et le pouvoir de la pensée critique, notamment "la remise en question de ce qu’on nous dit", il a souligné que "la régulation ne peut pas être la seule réponse".
"Nous devons protéger nos enfants et gagner cette bataille pour eux – mais pas sans eux, ni sans leurs parents et leurs enseignants. Plus de dialogue, une participation accrue des jeunes, un contrat social européen pour nos enfants sur internet : c’est ainsi que les règles produisent des résultats", a conclu Kirmikiroglou.
En marge du Conseil informel, le secrétaire général a également rencontré les délégations française et allemande. Les discussions ont porté sur la coordination des positions concernant la "majorité numérique" européenne et la vérification de l’âge, la future proposition de la Commission européenne sur l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, ainsi que la préparation des travaux liés à la révision de la directive sur les services de médias audiovisuels (AVMSD), en vue de la présidence grecque du Conseil de l’UE au second semestre 2027.