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Les villes intelligentes du Japon veillent sur la santé de leurs habitants

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À travers le monde, les villes intelligentes exploitent souvent les technologies pour une meilleure performance. Mais qu'en est-il du développement social ? Au Japon, on envisage de créer un nouveau type de société intelligente centrée sur l'humain : la Société 5.0. Aizuwakamatsu et Arao font partie des villes qui ont adopté les dernières technologies pour résoudre des problèmes existants et améliorer le bien-être de leurs habitants.

Aizuwakamatsu est une ancienne ville de samouraïs dans la préfecture de Fukushima. Cette commune d'une population de plus de 118.000 personnes expérimente le développement social que la technologie rend possible.

Dans le Centre d'innovation Accenture Fukushima, différents partenaires travaillent sur une "Smart City Platform", un modèle qu'ils espèrent décliner dans le reste du Japon et au-delà.

Cette plateforme rassemble des données issues d'objets connectés comme les paiements par mobile ou la consommation d'électricité des foyers pour les partager avec les administrations, industries et chercheurs. Elle sert à développer des services intelligents qui permettent de réduire les factures des particuliers, de suivre les progrès scolaires de ses enfants ou d'être informés en temps réel, des opérations de déneigement.

Partage de données médicales

"Les citoyens délivrent leurs données à la collectivité régionale via un système appelé Opt-in," explique Nakamura Shojiro, codirecteur du Centre d'innovation. "Par exemple, dans le cadre d'un projet sur la santé, vos informations personnelles sur votre état physique ou celles détenues par l'hôpital peuvent être envoyées à la région qui ensuite, les analyse et en retour, vous fait des recommandations pour mieux prendre soin de votre santé," indique-t-il.

"Opt-in" signifie que l'on demande aux citoyens leur accord préalable pour collecter leurs données. Sur le portail web créé pour la ville en lien avec la plateforme, les habitants peuvent partager tout type d'information. Plus ils en délivrent, plus ils bénéficieront de services adaptés et plus ils sont nombreux à participer, plus la portée sera grande pour la communauté.

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La "Smart City Platform" expérimentée à AizuwakamatsuAccenture

Changement de comportement

Par exemple, Inomata Tomiei, un habitant, a été d'accord pour partager les données de sa montre connectée dans le cadre d'un projet pilote sur la santé. "Je trouve que c'est une très bonne chose que mes données médicales en tant qu'homme de 62 ans puissent être utiles aux personnes de ma génération," souligne-t-il. Les données de ce participant sont utiles pour la recherche scientifique, mais il peut aussi s'en servir pour améliorer son mode de vie.

"Quand nous avons terminé cette expérimentation," précise Takahashi Miki, responsable de la communication du département entreprises au sein de Arise Analytics Inc., "89% des personnes qui avaient utilisé ce service nous ont dit qu'elles avaient changé de comportement vis-à-vis de leur santé."

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Inomata Tomiei partage les données de sa montre connectéeeuronews

Un nouveau quartier centré sur le bien-être

Nous nous rendons ensuite sur l'île de Kyushu et plus précisément dans la ville d'Arao qui compte 52.000 habitants. Son puits qui faisait partie de la mine de charbon de Miike, la plus grande du Japon, est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Après sa fermeture à la fin des années 90, la ville a vu sa population décliner rapidement. Ces dernières années, des milliers d'habitants sont partis et cet exode s'accélère. Pour se revitaliser, Arao mène sa transformation numérique.

Nous visitons un hippodrome qui a fermé en 2012. Bientôt, ce site sera la pierre angulaire d'une "smart city" offrant de nouvelles opportunités pour la ville et sa population. Grâce à ce nouveau quartier durable de près de 35 hectares centré sur le bien-être, Arao espère attirer un millier de nouveaux habitants.

Municipalité d'Arao
Le futur quartier "smart" et durable d'AraoMunicipalité d'Arao

Des applications qui facilitent le quotidien

Dans le même temps, la commune a lancé plusieurs initiatives "smart" dont une application de partage de courses en taxi qui s'appuie sur l'intelligence artificielle. En calculant la distance optimale entre les lieux de départ et d'arrivée, les coûts peuvent être réduits.

"Avant la mise en service de ce taxi, je prenais le bus," raconte Takahama Hiroshi, un usager âgé, "mais je devais marcher environ 500 mètres pour rejoindre l'arrêt et c'était plus pénible pour moi d'aller à cet arrêt que de me rendre à l'hôpital."

Kojima Miyoko, une autre résidente, l'accompagne : "Le prix est environ deux fois moins élevé que pour un taxi normal, donc c'est très utile," dit-elle.

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Un taxi partagé à Araoeuronews

Miroir intelligent

La ville teste aussi un miroir de bien-être intelligent. Il détermine votre pouls, analyse si vous êtes un homme ou une femme, votre âge ou votre sourire et indique des scores concernant votre santé et votre niveau de gaieté et d'amabilité. Il établit des recommandations comme de faire plus de sport ou de la relaxation. Objectif : aider les utilisateurs à préserver leur santé et à vivre plus heureux et plus longtemps.

"Nous voulons construire une société où la qualité de vie est à un ou deux échelons au-dessus de ce qu'elle est aujourd'hui," affirme Tagawa Hideki, responsable de département au service de la politique générale à la mairie d'Arao.

Grâce à son nouveau modèle de développement social, le Japon avance sur la voie de la construction de villes plus durables comme le prévoient les objectifs des Nations-Unies.