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Reconnaissance facile : le Royaume-Uni réclame le "respect des données personnelles"

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Par Jack Ramage  & Alixan Lavorel
Le Royaume-Uni est le quatrième pays européen à infliger une amende à la société controversée de reconnaissance faciale.
Le Royaume-Uni est le quatrième pays européen à infliger une amende à la société controversée de reconnaissance faciale.   -   Tous droits réservés  Image par Design Cells via Canva

La société américaine de reconnaissance faciale Clearview AI a été condamnée à une amende de 7,5 millions de livres sterling (8,75 millions d'euros) par l'organisme de surveillance de la protection des données du Royaume-Uni pour une série d'infractions envers la législation locale en matière de protection de la vie privée.

Clearview AI a également été mise en demeure de cesser d'obtenir et d'utiliser les données personnelles de résidents britanniques accessibles publiquement sur internet et de supprimer ces données de leurs systèmes.

"Des milliards de visages" enregistrés et vendus par une société américaine

L'entreprise américaine se présente comme "le plus grand réseau facial du monde", détenant des milliards de photographies de visages provenant d'Internet, dont beaucoup ont été récupérées sur des réseaux sociaux comme Facebook.

L'entreprise utilise ensuite un service de correspondance d'identité basé sur l'intelligence artificiellequi les vend à des entités, telles que les forces de l'ordre, sans demander la permission de la personne concernée.

Clearview AI a également vendu ses données à des entreprises privées, mais a récemment accepté de cesser de le faire aux États-Unis à la suite d'un procès intenté par l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU).

"Compte tenu du nombre élevé d'internautes et d'utilisateurs britanniques utilisant les réseaux sociaux , la base de données de Clearview AI est susceptible d'inclure une quantité substantielle de données de résidents britanniques, qui ont été recueillies à leur insu", a déclaré le Bureau du commissaire à l'information (ICO) du Royaume-Uni dans un communiqué .

"Bien que Clearview AI ne propose plus ses services à des organisations britanniques, la société a des clients dans d'autres pays, de sorte qu'elle utilise toujours les données personnelles de résidents britanniques", a-t-il ajouté.

Les gens s'attendent à ce que leurs informations personnelles soient respectées, quel que soit l'endroit du monde où ces données sont utilisées.
John Edwards
Commissaire à l'information du Royaume-Uni

Le Royaume-Uni est le quatrième pays à prendre des mesures coercitives contre l'entreprise, après la France, l'Italie et l'Autriche.

Clearview AI n'a pas répondu immédiatement à la demande de commentaire d'Euronews Next.

En réponse à l'amende et à l'ordonnance du Royaume-Uni, le fondateur et PDG de la société, Hoan Ton-That, a déclaré à la BBC : "Je suis profondément déçu que le commissaire britannique à l'information ait mal interprété ma technologie et mes intentions".

"Nous ne collectons que des données publiques provenant de l'internet ouvert et nous nous conformons à toutes les normes de confidentialité et de droit."

"Une coopération internationale est nécessaire pour protéger le droit à la vie privée"

Le Bureau du commissaire à l'information britannique a déclaré que les actions de l'entreprise étaient contraires aux lois du Royaume-Uni sur la protection des données.

L'ICO avait averti en novembre que Clearview AI pourrait se voir infliger une sanction financière pour des "infractions graves présumées" à la législation nationale sur la protection des données.

Dans une déclaration lundi, le commissaire à l'information John Edwards a déclaré que l'entreprise "permet non seulement d'identifier [des personnes dans le monde entier], mais surveille effectivement leur comportement et le propose comme un service commercial".

"C'est inacceptable", a-t-il déclaré.

"Les gens s'attendent à ce que leurs informations personnelles soient respectées, quel que soit l'endroit du monde où leurs données sont utilisées".

M. Edwards a également appelé à une "coopération internationale" pour "protéger le droit à la vie privée des personnes", alors que des technologies telles que la reconnaissance faciale continuent de progresser un peu partout dans le monde.

Article traduit de l'anglais