Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

Sommet IA en Inde : que disent Modi, Macron, Washington et les patrons de la tech ?

Le Premier ministre indien Narendra Modi (septième en partant de la gauche) pose avec des PDG de groupes spécialisés dans l'IA lors du sommet de l'IA, jeudi, à New Delhi.
Le Premier ministre indien Narendra Modi, septième en partant de la gauche, pose pour une photo avec des PDG de groupes d'IA lors du sommet sur l'IA à New Delhi, jeudi. Tous droits réservés  Indian Prime Minister's Office via AP
Tous droits réservés Indian Prime Minister's Office via AP
Par Pascale Davies
Publié le Mis à jour
Partager Discussion
Partager Close Button

Les dirigeants mondiaux veulent encadrer l’IA, mais restent divisés sur la marche à suivre. Voici un tour d’horizon complet des positions en présence.

Les dirigeants politiques et les patrons de la tech se retrouvent en Inde pour le sommet mondial annuel sur l’IA, qui vise à établir un cadre commun de gouvernance de l’intelligence artificielle (IA) et de coopération internationale.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Mais alors que le sommet de l’IA de Paris de l’an dernier a mis en lumière les divergences entre pays sur la manière d’encadrer la technologie pour la rendre sûre, il reste difficile de savoir quelles promesses concrètes en sortiront, s’il doit y en avoir.

Voici ce qu’ont déclaré, jusqu’à présent, les responsables politiques et les acteurs du numérique au sommet AI Impact de New Delhi.

États-Unis : rejet d’une gouvernance mondiale de l’IA

Le conseiller technologique de la Maison-Blanche, Michael Kratsios, a déclaré vendredi que les États-Unis « rejettent totalement » une gouvernance mondiale de l’IA.

« L’adoption de l’IA ne peut pas déboucher sur un avenir meilleur si elle est soumise aux pesanteurs bureaucratiques et à un contrôle centralisé », a-t-il affirmé.

« Comme l’administration Trump l’a déjà dit à maintes reprises : nous rejetons totalement une gouvernance mondiale de l’IA », a déclaré le chef de la délégation américaine.

Ses propos font écho à l’avertissement lancé l’an dernier par le vice-président américain JD Vance contre ce qu’il a qualifié de « sur-réglementation » qui « pourrait tuer un secteur porteur de transformations majeures ».

Emmanuel Macron : protéger contre les « abus numériques »

Le président français a promis de protéger les enfants des « abus numériques » durant la présidence française du G7.

Macron a appelé à renforcer les garde-fous après que le chatbot d’IA Grok, lancé par Elon Musk, a été utilisé pour générer des images truquées (deepfakes) de femmes et d’enfants sexualisés, sans leur consentement.

Il a aussi estimé que l’IA ne devait pas rester entre les mains de quelques entreprises dominantes du secteur.

« L’IA est devenue un champ majeur de compétition stratégique, et les géants du numérique sont devenus encore plus puissants. »

Le Premier ministre Narendra Modi aux côtés du président français Emmanuel Macron lors du lancement de l’Année de l’innovation et de la commémoration culturelle Inde–France
Le Premier ministre Narendra Modi aux côtés du président français Emmanuel Macron lors du lancement de l’Année de l’innovation et de la commémoration culturelle Inde–France ASSOCIATED PRESS

Macron a également répondu aux critiques selon lesquelles l’Europe sur-réglementerait l’IA à son détriment.

« Contrairement à ce que disent certains amis mal informés, l’Europe n’est pas aveuglément obsédée par la régulation », a-t-il déclaré.

« L’Europe est un espace d’innovation et d’investissement, mais c’est un espace sûr, et les espaces sûrs l’emportent sur le long terme. »

Il a ajouté que Paris et New Delhi partageaient une même vision d’une « IA souveraine », qu’il décrit comme une IA conçue et gouvernée de manière à protéger la planète tout en favorisant une croissance économique inclusive.

Narendra Modi : « une ressource partagée au service de toute l’humanité »

Le Premier ministre indien a mis en avant la culture et l’héritage du pays hôte, rappelant que « l’Inde est la terre du Bouddha, et que le Bouddha a dit que la bonne action naît de la juste compréhension. Il est donc très important que nous élaborions ensemble une feuille de route qui montre le véritable impact de l’IA ».

« La voie que suit l’Inde en matière d’IA est claire », a-t-il poursuivi, estimant que cette technologie est « une ressource partagée au bénéfice de toute l’humanité ».

« Ensemble, nous devons bâtir un avenir de l’IA qui fasse progresser l’innovation, renforce l’inclusion et avance en intégrant les valeurs humaines. Lorsque la technologie et la confiance des hommes vont de pair, le véritable impact de l’IA se fera sentir dans le monde. »

« Nous devons faire en sorte que l’IA soit utilisée pour le bien commun mondial. »

« Nous entrons dans une ère où les humains et les systèmes intelligents co-créent, collaborent et co-évoluent », a-t-il ajouté.

Les patrons de la tech : Bill Gates se désiste

Le cofondateur de Microsoft, Bill Gates, devait prononcer le discours principal du sommet.

Mais, quelques heures avant, l’organisation philanthropique Gates Foundation a annoncé qu’il se retirait, expliquant que la décision avait été prise après « mûre réflexion » et « afin de veiller à ce que l’attention reste concentrée sur les priorités clés du sommet », sans préciser les raisons de ce choix.

Ce désistement intervient après que ses liens avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein, décédé, ont été révélés en janvier dans des documents du département américain de la Justice. Gates a déclaré regretter avoir passé du temps avec Epstein.

Sam Altman (OpenAI) : « l’IA est le meilleur moyen de garantir l’épanouissement de l’humanité »

Le directeur général et cofondateur d’OpenAI a estimé que le monde devait « de toute urgence » instaurer une régulation de l’IA.

« La démocratisation de l’IA est le meilleur moyen de garantir l’épanouissement de l’humanité », a-t-il affirmé, tout en avertissant que la centralisation de cette technologie entre les mains d’une seule entreprise ou d’un seul pays « pourrait mener à la ruine ».

Le directeur général d’OpenAI, Sam Altman, s’exprime lors du sommet sur l’IA à New Delhi, en Inde, le jeudi 19 février 2026. (AP Photo)
Le directeur général d’OpenAI, Sam Altman, s’exprime lors du sommet sur l’IA à New Delhi, en Inde, le jeudi 19 février 2026. (AP Photo) AP/Copyright 2026 The AP. All rights reserved

« Cela ne signifie pas que nous n’aurons pas besoin de règles ni de garde-fous », a ajouté Altman.

« Nous en avons évidemment besoin, et de toute urgence, comme pour d’autres technologies puissantes. »

Sundar Pichai (Google) : « nous ne pouvons pas laisser la fracture numérique se transformer en fracture de l’IA »

Le PDG de Google et d’Alphabet a estimé que l’IA constituait « le plus grand changement de plateforme de notre vie ».

« Nous sommes à l’aube d’une phase d’hyper-progrès et de nouvelles découvertes qui peuvent aider les économies émergentes à combler d’un bond leurs retards structurels », a déclaré Pichai.

Mais, pour « développer une IA réellement utile à tous, nous devons avancer avec audace, l’aborder de manière responsable et traverser ensemble ce moment décisif ».

Dario Amodei (Anthropic) : « opportunités et risques »

Le directeur général d’Anthropic a rappelé que l’IA suit « une courbe exponentielle depuis dix ans… et nous sommes désormais bien avancés sur cette trajectoire ».

Il a mis en garde contre la possibilité que des machines surpassant les humains ne soient plus qu’à quelques années, décrivant un avenir où « un pays de génies serait enfermé dans un centre de données, un ensemble d’agents d’IA plus capables que la plupart des humains pour la plupart des tâches, et pouvant se coordonner à une vitesse surhumaine ».

Le directeur général d’OpenAI, Sam Altman, s’exprime lors du sommet sur l’IA à New Delhi, en Inde, le jeudi 19 février 2026. (AP Photo)
Le directeur général d’OpenAI, Sam Altman, s’exprime lors du sommet sur l’IA à New Delhi, en Inde, le jeudi 19 février 2026. (AP Photo) AP Photo/Jeff Chiu, File

Il a souligné que si l’IA pouvait permettre de vaincre des maladies et de sortir des millions de personnes de la pauvreté, elle comportait aussi de graves risques, comme les usages malveillants et les destructions d’emplois.

« L’Inde a un rôle absolument central à jouer face à ces enjeux et à ces défis, tant du côté des opportunités que du côté des risques », a affirmé Amodei.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

Washington crée un site pour contourner les censures des gouvernements européens

Les IA chinoises censurent les questions politiques sensibles, selon une étude

Quand un robot est « kidnappé » : une IA pour l'aider à se retrouver