Pays-Bas : des enseignants disent que leurs élèves les confrontent à de fausses infos sur la Shoah vues sur les réseaux sociaux.
Des enseignants d’écoles dans tout les Pays-Bas sont confrontés à une recrudescence de désinformation sur la Shoah que leurs élèves voient, selon eux, sur les réseaux sociaux, d’après une nouvelle enquête.
Plus de 190 enseignants du secondaire aux Pays-Bas ont répondu à un sondage de NOS Stories, une branche de l’audiovisuel public néerlandais.
Les élèves « ne savent plus ce qui est réel et ce qui est faux à cause de l’IA et de TikTok », a confié à NOS le professeur d’histoire Maarten Post.
Post explique qu’il préfère que les élèves viennent le voir pour poser des questions plutôt que de tirer leurs propres conclusions à partir de la désinformation en ligne.
« Je suis très heureux qu’ils viennent me voir avec ce type de questions… on peut alors expliquer et engager la conversation. »
À titre d’exemple, Post raconte que des élèves lui ont montré une vidéo TikTok affirmant que le régime nazi allemand de la Seconde Guerre mondiale avait tué 271 000 Juifs, un chiffre largement déformé et minimisé.
Le United States Holocaust Memorial Museum (USHMM) estime que six millions de Juifs ont été tués pendant la Shoah en Europe, soit environ les deux tiers de la population juive européenne d’avant-guerre, qui comptait quelque neuf millions de personnes.
Euronews Next a sollicité un commentaire de TikTok, sans obtenir de réponse immédiate.
Un tiers des enseignants interrogés estime que les connaissances de leurs élèves sont « insuffisantes », et quatre sur dix jugent que leurs élèves minimisent la gravité de la Shoah.
Le phénomène ne se limite pas aux Pays-Bas.
En janvier, des institutions allemandes de mémoire de la Shoah ont adressé une lettre ouverte (source en anglais) aux plateformes de réseaux sociaux, leur demandant de mettre fin à la diffusion de fausses images visant à déformer l’histoire de la Shoah et le travail de mémoire.
Le musée-mémorial d’Auschwitz a également dénoncé (source en anglais) le recours à l’IA pour générer de fausses images de victimes de la Shoah, qualifiant cela de « profonde marque d’irrespect ».
L’an dernier, la plateforme d’IA Grok, d’Elon Musk, a émis plusieurs déclarations trompeuses ou fausses sur la Shoah après une mise à jour de son système, ce qui a conduit à l’ouverture d’une enquête par le parquet français.