Unitree, célèbre pour ses robots danseurs et acrobates, voit son action bondir jusqu'à 629 % lors de ses débuts à la Bourse de Shanghai.
Unitree, plus grand fabricant mondial de robots humanoïdes, a lancé son introduction en Bourse en fanfare, son cours s'envolant de plus de 600 % lors de sa première séance de cotation.
L'entreprise chinoise a gagné une immense popularité à travers le monde grâce à des vidéos virales montrant ses robots comme danseurs d'accompagnement pour des stars de la pop, mais aussi exécutant des arts martiaux et des exploits sportifs extrêmes. Ils savent aussi faire du roller, jouer au tennis de table, enchaîner les saltos arrière et les franchissements d'obstacles.
L'action a grimpé d'un prix d'introduction d'environ 150,8 yuans (19,3 €) jusqu'à 1 100 yuans (140,6 €) mercredi, soit un bond de plus de 600 %, avant de se stabiliser autour de 500 % de hausse en fin de séance.
Les investisseurs particuliers chinois ont constitué l'essentiel de cette demande extraordinaire, la tranche de titres allouée aux non-professionnels ayant été sursouscrite plusieurs milliers de fois.
Wang Xingxing, le fondateur de Unitree et son directeur général actuel, détient encore environ un cinquième du capital.
Unitree est idéalement placée pour profiter de l'intérêt croissant pour le marché de la robotique, notamment grâce à ses matériels abordables, comme ses chiens robots et ses humanoïdes d'entrée de gamme, proposés à une fraction du prix de leurs équivalents américains.
Cela tient en grande partie à des chaînes d'approvisionnement locales solides à Hangzhou, qui maintiennent les coûts de production à un niveau relativement bas.
Portée par des démonstrations spectaculaires et un marketing offensif, Unitree s'est aussi positionnée comme une entreprise de volumes, devant plusieurs grands concurrents américains et européens. Cela lui a permis de dégager des bénéfices bien plus tôt que la plupart des autres jeunes pousses de la robotique.
La Chine fait par ailleurs de la robotique une priorité nationale pour compenser la contraction de sa main-d'œuvre.
La robotique se mondialise
Avec les progrès considérables réalisés par l'industrie mondiale de la robotique ces dernières années, les investisseurs sont en quête permanente du prochain grand gagnant. C'est d'autant plus vrai que la robotique joue un rôle central dans les avancées de l'intelligence artificielle "physique".
Cela permet à l'IA d'utiliser des robots pour apprendre dans le monde réel et progresser par essais et erreurs sur des tâches comme la marche ou la préhension d'objets. Elle développe ainsi de meilleures capacités de perception et de réaction, tout en créant de nouveaux flux de données riches pour la rétroaction et l'entraînement de modèles plus performants.
Selon Goldman Sachs, le marché mondial des robots humanoïdes pourrait atteindre 38 milliards de dollars (32,7 milliards d'euros) d'ici à 2035.
À ce jour, des sociétés comme la chinoise Unitree et UBTECH Robotics comptent parmi les rares entreprises de robotique humanoïde déjà cotées, tandis que d'autres groupes comme Tesla, Xiaomi et Hyundai Motor disposent de leurs propres divisions dédiées.
Quelques autres sociétés chinoises spécialisées, comme Leju Robotics et Deep Robotics, préparent toutefois elles aussi une prochaine entrée en Bourse.
Malgré ces avancées, certains pays, dont les États-Unis, préfèrent adopter une approche plus prudente en matière d'importation ou de recours à des robots humanoïdes et quadrupèdes fabriqués à l'étranger, invoquant des préoccupations de sécurité nationale.
Unitree a déjà été inscrite sur une liste d'entreprises militaires chinoises par le Pentagone américain, qui la qualifie de "contributeur à la base industrielle de défense chinoise", alors même que l'entreprise assure que ses robots sont destinés à des usages civils.