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Avant New York, la Norvège avait déjà interdit l’IA dans les écoles

Un enfant joue à un jeu sur smartphone à son pupitre, entouré de fournitures scolaires.
Un enfant joue à un jeu sur mobile à un bureau d’école, avec des fournitures scolaires à proximité. Tous droits réservés  Yan Krukau/Pexels
Tous droits réservés Yan Krukau/Pexels
Par Indrabati Lahiri
Publié le
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Cette mesure fait suite à la restriction des smartphones dans les écoles de New York et reçoit un large soutien sur les réseaux sociaux comme X

Des mois avant que New York n’interdise l’IA générative dans ses salles de classe, la Norvège l’avait déjà bannie sur tout son territoire, révélant une faille dans le propre cadre réglementaire de l’UE en matière d’IA.

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La Norvège a interdit l’IA générative dans ses écoles primaires dès juin, devenant l’un des premiers pays au monde à tracer une ligne très ferme contre cette technologie à l’école, plusieurs mois avant que le plus grand district scolaire des États-Unis ne lui emboîte le pas.

Le bannissement norvégien, entré en vigueur fin août, concerne les classes de la 1re à la 7e année de primaire et n’autorise qu’un usage encadré jusqu’à l’âge de 16 ans.

Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre a estimé que cette technologie risquait de permettre aux enfants de brûler des étapes fondamentales dans l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et des bases des mathématiques, des inquiétudes qui ont depuis trouvé un écho de l’autre côté de l’Atlantique.

L’Italie a choisi une approche plus souple, mais toujours restrictive. Sa loi 132/2025 impose depuis octobre dernier le consentement parental pour que les moins de 14 ans puissent utiliser l’IA, plutôt que de l’interdire purement et simplement, offrant ainsi un deuxième modèle distinct de régulation de l’IA à l’école désormais en vigueur au sein de l’UE.

La loi européenne sur l’IA, elle, ne traite pas directement de l’outil au cœur des préoccupations des deux pays.

Le texte classe l’éducation parmi les domaines "à haut risque" à l’annexe III, mais cela ne couvre que les systèmes utilisés par les établissements sur les élèves, comme les décisions d’admission, la surveillance des examens et l’évaluation des résultats d’apprentissage.

Il ne couvre pas les outils d’IA générative utilisés directement par les élèves, comme les chatbots qui les aident à rédiger leurs devoirs. Ces obligations ne s’appliquent d’ailleurs pas encore : une révision dite "Digital Omnibus" a repoussé la date limite de conformité à l’annexe III à décembre 2027.

Une règle valable dans toute l’UE s’applique toutefois déjà. Depuis février 2025, l’article 4 de la loi sur l’IA impose aux entreprises déployant des systèmes d’IA de garantir une "culture de l’IA suffisante", une obligation antérieure et très proche des cours de sensibilisation à l’IA que New York ne met en place que maintenant.

New York rattrape son retard

New York est devenu le plus grand district scolaire des États-Unis à suivre l’exemple européen.

Le maire Zohran Mamdani et le responsable des écoles publiques, le chancelier Kamar Samuels, ont annoncé mercredi un moratoire d’un an sur les outils d’IA générative directement accessibles aux élèves de 2-K à la 8e année (équivalent de la fin du collège), une mesure qui concerne près de 600 000 élèves, soit environ les deux tiers des effectifs des écoles publiques de la ville.

La ville va également désactiver les fonctions d’IA dans plus de 38 programmes pédagogiques déjà approuvés qui ne respectent pas ses nouvelles normes de sécurité, et interdira les chatbots compagnons à tous les niveaux scolaires.

Les enseignants pourront toujours utiliser l’IA pour préparer leurs cours, mais pas pour corriger les travaux ni pour la gestion des situations de crise.

Les lycées ne bénéficient que d’une exemption limitée. Jusqu’à 50 000 élèves pourront participer à des programmes pilotes étroitement encadrés, limités à cinq classes par établissement, tandis que tous les autres lycéens auront deux fois par an des cours de sensibilisation à l’IA.

"L’industrie technologique veut nous faire croire que l’éducation des plus jeunes dopée à l’IA est non seulement inévitable, mais nécessaire", a déclaré Mamdani. "Nous ne partageons pas cette vision."

Aux États-Unis aussi, une réponse en ordre dispersé

Le moratoire de New York s’inscrit dans le sillage d’une décision similaire, quoique moins formalisée, du district unifié de Los Angeles, le deuxième plus grand du pays, qui bloque temporairement l’accès aux outils d’IA générative sur les appareils des élèves à tous les niveaux, le temps d’élaborer une politique pérenne.

Los Angeles a par ailleurs totalement interdit en juin les appareils fournis par les écoles pour les plus jeunes élèves, dans le cadre d’une politique plus large sur le temps d’écran.

Au moins 37 États américains ont publié des lignes directrices officielles sur l’IA à l’école, sans pour autant s’accorder sur une définition commune de la "culture de l’IA" ni sur la manière dont elle doit être enseignée.

Le plan new-yorkais a suscité des réactions mitigées. Michael Mulgrew, président du syndicat United Federation of Teachers, s’est félicité des nouvelles limites imposées au temps d’écran, mais a estimé que la politique sur l’IA "laisse de nombreuses questions en suspens", notamment sur la façon dont le département de l’Éducation de la ville s’assurera que les logiciels qu’il achète offrent des garanties suffisantes.

Josh Golin, directeur exécutif de l’association de défense des enfants Fairplay, a jugé qu’une période d’examen d’un an était trop courte, estimant que la charge de la preuve devrait incomber aux entreprises d’IA, tenues de démontrer que leurs produits sont sûrs, efficaces et n’encouragent pas la triche.

Les élèves des écoles publiques de New York feront leur rentrée en classe la semaine prochaine.

Sources additionnelles • AP

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