Newsletter Newsletters Events Évènements Podcasts Vidéos Africanews
Loader
Suivez-nous
Publicité

"L'Europe doit combler le vide laissé par les États-Unis à l'OMS", selon l'ancien directeur du centre de contrôle des maladies

Dr Demetre Daskalakis, ancien directeur du centre de contrôle des maladies
Dr Demetre Daskalakis, ancien directeur du centre de contrôle des maladies Tous droits réservés  Patrick Semansky/Copyright 2022 The AP. All rights reserved.
Tous droits réservés Patrick Semansky/Copyright 2022 The AP. All rights reserved.
Par George Dimitropoulos & euronews
Publié le
Partager Discussion
Partager Close Button
Copier/coller le lien embed de la vidéo de l'article : Copy to clipboard Lien copié

L'ancien chef de la commission des vaccins au CDC et ancien responsable de la santé à la Maison Blanche s'est exprimé sur les risques suite à la décision de l'administration Trump.

La décision des États-Unis de se retirer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) est une source d'inquiétude pour la santé publique mondiale. Le Dr Dimitris Daskalakis, spécialiste gréco-américain des maladies infectieuses et ancien chef du comité des vaccins du CDC, décrit les risques qui découlent de cette décision.

Comme il l'explique, la coopération des États-Unis avec l'OMS n'était pas seulement économique. Elle constituait un pilier essentiel de la surveillance épidémiologique mondiale, créant un environnement propice à la diplomatie en matière de santé publique. Grâce à cette coopération, les informations provenant du monde entier parvenaient aux États-Unis, permettant ainsi de mieux comprendre les épidémies, les infections apparues récemment et les nouvelles menaces.

"Le retrait des États-Unis conduit à l'isolement et à la perte de visibilité", souligne le Dr Daskalakis. "Nous ne participerons plus aux discussions sur la formulation des vaccins antigrippaux, ce qui les rendra moins efficaces. Les informations sur les nouvelles infections seront réduites et l'OMS, qui perd un bailleur de fonds essentiel, sera moins bien préparée à faire face à de nouvelles épidémies."

L'Organisation mondiale de la santé
L'Organisation mondiale de la santé Salvatore Di Nolfi/' KEYSTONE / SALVATORE DI NOLFI

L'expert en maladies infectieuses souligne que cette décision nuit non seulement à la santé publique américaine, mais aussi à la santé publique mondiale. Dans le même temps, le recul des États-Unis en matière de préparation à la pandémie, renforcé par la réduction des investissements et des choix politiques, laisse un vide important. "Je crains que le secrétaire d'État à la santé, Robert F. Kennedy Jr., ne déstabilise le système de vaccination américain et que les fabricants ne puissent plus assurer la production de vaccins", prévient-il.

Dans le même temps, le Dr Daskalakis voit à la fois un défi et une opportunité pour l'Europe. "Les États-Unis laissent derrière eux un énorme vide en matière de sécurité sanitaire internationale. L'Europe peut combler une partie de ce vide, notamment en matière de prévention des pandémies et de distribution équitable des vaccins", déclare-t-il.

Se référant aux politiques de santé de Robert Kennedy Jr, qui ont suscité de vives réactions aux États-Unis, le Dr Daskalakis note qu'il y a souvent confusion en Europe. "Certaines de ses idées existent déjà dans les pays européens, comme le programme de vaccination danois. La différence, c'est que là, les systèmes fonctionnent dans le cadre d'une couverture santé universelle", explique-t-il.

Selon lui, essayer de transférer ces modèles aux États-Unis sans changer le système de santé révèle une contradiction plus profonde. "Il y a une certaine nostalgie de ce qui est en place en Europe, mais pas de volonté politique de mettre en place un système de santé universel aux États-Unis", souligne-t-il. Nombre de ses collègues européens ont du mal à comprendre comment un système aussi dépendant du profit peut produire de si grandes inégalités en matière de santé.

Dr Dimitris Daskalakis
Dr Dimitris Daskalakis Seth Wenig/Copyright 2017 The AP. All rights reserved.

La longue implication du Dr Daskalakis dans la lutte contre le VIH le rend particulièrement sensible à la déstabilisation des systèmes de santé. Il rappelle l'importance de programmes comme le PEPFAR, qui ont permis de sauver des millions de vies en donnant accès à la thérapie antirétrovirale et en limitant la progression de la maladie vers le sida.

"Tout ce qui déstabilise cette infrastructure risque de nous faire perdre du terrain", prévient-il. "Les consommateurs de substances psychoactives et les personnes LGBT font partie intégrante de l'histoire du VIH. Créer une stigmatisation sociale ne fait qu'aggraver la crise".

Pour le Dr Dimitri Daskalakis, sa démission du CDC n'était pas seulement un choix professionnel, mais un acte de responsabilité. "Lorsque l'idéologie l'emporte sur la science et que des lignes rouges sont franchies, le silence n'est plus une option", conclut-il.

Accéder aux raccourcis d'accessibilité
Partager Discussion

À découvrir également

Le gouvernement Trump renvoie tous les membres d'un groupe consultatif sur les vaccins

Un verre de jus par jour : les jus de fruits les plus sains et combien en boire

L'Espagne réalise la première greffe de visage au monde avec un donneur euthanasié