Des colonies de vacances pour adultes arrivent en Europe : « être dehors, bouger et partager des activités en groupe »
Feux de camp, s’mores grillés et amitiés pour la vie : les colonies de vacances ravivent chez beaucoup d’entre nous le souvenir de jours insouciants. Et si l’on pouvait revivre ces expériences une fois adulte ?
Aux États-Unis, les camps d’été « sleepaway » pour adultes existent déjà depuis un certain temps. Désormais, les colonies d’été pour grands arrivent en Europe.
Elles surfent sur la tendance croissante des voyages « solo avec des inconnus » et sur l’envie de se faire des amis en face à face dans une société de plus en plus en ligne.
Pourquoi les colonies de vacances pour adultes ont-elles le vent en poupe ?
EF Ultimate Break (source en anglais), un voyagiste international spécialisé dans les circuits en groupe pour jeunes adultes, lance cet été un camp d’été d’une semaine pour adultes dans les Alpes suisses.
L’entreprise affirme que cette offre s’adresse à la génération Z et aux millennials, qui « traquent la nostalgie partout ».
« Il y a aujourd’hui beaucoup de défis dans le monde et nous constatons chez les 20-35 ans un vrai désir de retrouver une part de la simplicité de l’enfance », explique Alyssa Sands, directrice du développement des circuits chez EF Ultimate Break.
« La colonie de vacances est un passage quasi incontournable de l’enfance et l’idée de retrouver ce sentiment une fois adulte – activités organisées, plein air, amitiés qui se tissent sans effort – parle vraiment aux gens. »
Se faire des amis « IRL »
À en juger par les expériences récentes, l’offre d’EF a toutes les chances de rencontrer le succès.
L’été dernier, la créatrice de contenu Allison Wolf a publié un [reel](https://www.instagram.com/reel %28source en anglais%29/C6q2WMyN2Zo/?igsh=b3p0NHA2bXlwZGo3) relatant le séjour « de rêve et magique » qu’elle a passé à Camp Château, une version réservée aux femmes dans le sud de la France.
Cinq jours plus tard, le camp affichait officiellement complet pour 2025 – et 11 000 personnes figuraient sur liste d’attente.
« Nous avons créé Camp Château avec l’idée que l’on peut arriver sans avoir à “travailler sur soi”, a expliqué à Euronews Travel sa cofondatrice et directrice générale, Philippa Girling. On peut simplement se détendre, composer son expérience, faire ce qui apporte joie, tranquillité et un temps de récupération. »
L’idée est aussi de créer du lien avec d’autres femmes, mais de manière naturelle, sans rien forcer – ce qui devient de plus en plus rare à l’heure des réunions virtuelles et des amitiés en ligne.
L’hébergement se fait en dortoirs partagés (lits jumeaux) dans le château ou en tentes de glamping pour deux personnes. Le dîner est pris tous les soirs en grand comité dans le Grand Hall, avec une heure d’apéro pour celles qui souhaitent trinquer et papoter.
CampJoli, installé dans un château à la campagne provençale, propose un concept similaire, lui aussi entièrement réservé aux femmes.
« Lorsque je suis allée seule à CampJoli, je ne savais pas à quoi m’attendre, témoigne une campeuse sur le site. Mais je ne m’attendais pas à être entourée de femmes formidables avec lesquelles j’ai eu les conversations les plus incroyables, qui m’ont inspirée, soutenue et donné tant d’amour. »
À quoi ressemble une colonie de vacances pour adultes ?
L’offre d’EF est conçue pour recréer la colonie de vacances classique, faite d’air pur de la montagne, de découverte de nouveaux sports et de « ces amitiés qui se nouaient sans effort pendant les étés de l’enfance », mais dans une version plus raffinée. Au lieu de tentes, imaginez des chalets de ski et du vin local plutôt que du sirop.
La semaine proposée en août se partage entre deux lieux : deux nuits à Lausanne, au bord du lac, puis quatre nuits dans la ville de montagne d’Engelberg.
Au programme : kayak sur les lacs alpins, tyrolienne en forêt, randonnée jusqu’aux fermes d’alpage productrices de fromage et veillées s’mores sous les étoiles.
À CampJoli, les participantes peuvent s’initier au yoga matinal, aux marches méditatives, à la fabrication de pain, à la cueillette de plantes sauvages ou encore aux soirées dansantes. Les « matières à option » de Camp Château (sans aucune obligation d’y prendre part) vont de la linogravure à la mixologie, en passant par l’équitation et les soirées cinéma.
Si ces séjours peuvent rappeler des retraites, Alyssa Sands insiste sur une distinction importante.
« L’essence d’un camp, ce sont vraiment des expériences actives et concrètes, dit-elle. Randonnée, natation, ateliers, parcours d’accrobranche, essais de choses que l’on n’a jamais faites auparavant.
« Une retraite est généralement plus tournée vers l’introspection. Un camp, c’est être dehors, bouger et faire des activités ensemble, en groupe. »
De quoi offrir une bonne dose de nostalgie, même si les intéressés doivent s’attendre à payer un peu plus cher que pour les camps de leur enfance.
Les réservations anticipées pour 2027 à Camp Château commencent à 2 520 € par personne pour cinq nuits, tandis que le Camp Ultimate d’EF est proposé à partir de 2 999 dollars (environ 2 590 €) pour six nuits (vols non compris).