L'appétit des Européens pour les voyages en avion a peut-être augmenté, mais les tensions au Moyen-Orient font que de plus en plus de voyageurs s'inquiètent de la sécurité lorsqu'ils envisagent de partir à l'étranger.
Dans toute l'Europe, l'actualité du voyage a été dominée par les répercussions des tensions avec l'Iran, qu'il s'agisse d'annulations de vols ou de craintes croissantes quant à l'approvisionnement en kérosène.
Mais ces perturbations ont-elles porté atteinte à la demande de voyages, ou les Européens sont-ils toujours prêts à s'envoler pour le printemps et l'été ?
Au contraire, notre envie de voyager est plus forte que jamais.
La dernière étude de la Commission européenne du voyage (ETC) sur le suivi du sentiment pour les voyages intra-européens (source en anglais)a révélé des niveaux d'intérêt record, avec 82 % des Européens qui prévoient de voyager cette saison, ce qui marque un rebond significatif par rapport aux effondrements de la pandémie en 2020 et 2021. Cependant, les préoccupations en matière de sécurité deviennent de plus en plus importantes.
La hausse des coûts et la sécurité sont désormais les principales préoccupations des voyageurs
Les tensions géopolitiques accrues modifient les priorités des voyageurs européens, la sécurité arrivant en tête de leurs préoccupations. Les données de l'ETC révèlent que 22 % des personnes interrogées placent désormais la sécurité de la destination en tête de leurs préoccupations, soit une augmentation de 4 % par rapport à l'année dernière, en particulier en ce qui concerne le Moyen-Orient.
Toutefois, l'impact du conflit dans la région pèse davantage sur les voyageurs plus âgés, puisque 45 % des répondants de plus de 54 ans se disent préoccupés, contre 33 % des 18-24 ans.
Les voyageurs sont également plus attentifs aux coûts qu'en 2025.
Malgré l'augmentation du nombre de personnes souhaitant prendre l'avion, beaucoup adoptent une approche prudente en matière de dépenses, optant plutôt pour des séjours plus courts et des budgets plus serrés. L'ETC a constaté une augmentation de 3 % des personnes interrogées prévoyant des voyages de quatre à six nuits, contre une baisse de 5 % de celles souhaitant des séjours de sept à douze nuits.
Les budgets de voyage ont également évolué vers la modération, avec une augmentation de 6 % des personnes prêtes à dépenser jusqu'à 1 000 euros, tandis qu'il y a eu une diminution de 9 % des voyageurs souhaitant dépenser 1 500 euros et plus.
Une étude menée par Teneo (source en anglais), un cabinet de conseil international, a révélé une forte augmentation des tarifs aériens, les billets d'avion en classe économique coûtant 24 % de plus que l'année dernière, ce qui représente la hausse moyenne la plus élevée de ces cinq dernières années.
Toutefois, les voyageurs européens plus âgés se sont montrés plus disposés à investir davantage dans la durée de leur séjour et dans leur budget pour les voyages d'été qu'ils prévoient d'effectuer.
Les responsables de l'Union européenne et les acteurs industriels de la région sont de plus en plus attentifs aux perturbations des flux aériens et touristiques.
Une vague de transporteurs européens, dont Lufthansa, réduisent les itinéraires des vols d'été afin de limiter les coûts du kérosène et d'abandonner les vols qui ne sont plus viables sur le plan financier.
En début de semaine, Apostolos Tzitzikostas (source en anglais), commissaire européen chargé du transport durable et du tourisme, a déclaré qu'en Europe, qui importe environ 30 % de son kérosène, les stocks d'urgence de l'Union "ne peuvent être et ne seront libérés qu'en cas de nécessité".
Les tensions dans le détroit d'Ormuz entre l'Iran et les États-Unis ont créé un goulot d'étranglement important dans l'un des corridors énergétiques les plus importants au monde, limitant le flux des exportations de pétrole et de gaz via la voie navigable.