Les craintes d'une nouvelle escalade entre les États-Unis et l'Iran ont été ravivées, dans la nuit de lundi à mardi, après de nouvelles frappes états-uniennes en Iran et des bombardements iraniens sur plusieurs pétroliers à Ormuz.
Le conflit entre les États-Unis et l’Iran s’est nettement intensifié dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 juillet, avec des attaques visant la navigation commerciale, la reprise d’opérations militaires et la crainte grandissante de voir les combats s’étendre à l’ensemble du Golfe.
Le développement le plus marquant est survenu dans le détroit d’Ormuz, où les Émirats arabes unis affirment que deux de leurs pétroliers ont été touchés par des missiles de croisière iraniens alors qu’ils traversaient cette voie maritime stratégique.
Un membre indien de l’équipage a été tué et huit autres ont été blessés après que les deux navires ont pris feu. Le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a qualifié cette frappe de "violation manifeste du droit international" et indiqué qu’il se réservait le droit de prendre toutes les mesures jugées nécessaires pour protéger ses intérêts.
En réponse, New Dehli a convoqué un diplomate iranien afin de "lui faire part de [sa] vigoureuse protestation contre ces attaques", a précisé le ministère des Affaires étrangères indien, dans un communiqué.
De son côté, la Garde révolutionnaire paramilitaire iranienne, qui a revendiqué l'attaque, a assuré que les deux navires avaient "ignoré les avertissements répétés".
Dans la même nuit, la firme néerlandaise Stolt Tankers a déclaré qu'un de ses navires avait été attaqué. Un incendie s'est déclaré dans la salle des machines après "l'explosion d'un engin externe non-identifié". La compagnie a précisé que l'ensemble de ses navires étaient en sécurité.
États-Unis et Iran échangent des frappes
Les États-Unis ont également intensifié leur campagne militaire. Le Commandement central américain (Centcom) a indiqué avoir mené une opération de cinq heures dans le sud de l’Iran, visant plusieurs sites, dont "des systèmes de défense côtière, des sites de missiles et de drones et des capacités maritimes".
Téhéran a reconnu ces frappes mais n'a pas publié de bilan. Le Centcom a, de son côté, affirmé que ces "frappes continuent d'infliger un coût lourd aux forces iraniennes et de dégrader leur capacité à attaquer des civils innocents et des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".
L'Iran affirme avoir riposté en prenant pour cible un bâtiment de la marine américaine ainsi que des installations militaires américaines à Bahreïn et au Koweït. La Jordanie a également annoncé avoir intercepté quatre missiles iraniens qui avaient pénétré son espace aérien dans la nuit.
Quelques heures après que les États-Unis ont annoncé la fin de leur campagne de frappes, la ville iranienne de Bouchehr a été touchée à au moins quatre endroits, a rapporté l'agence de presse étatique IRNA. Cela a de nouveau soulevé la possibilité que des États arabes du Golfe lancent des attaques non revendiquées sur l'Iran pour tenter de les dissuader de les cibler.
Un blocus naval sur le point de commencer
Cette nouvelle série de frappes intervient à la veille d’un nouveau blocus naval américain, qui doit débuter mardi à 22 h, heure française. Il visera les navires se rendant vers les ports iraniens ou en repartant, tout en laissant passer les autres trafics commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
Le président américain Donald Trump a annoncé cette mesure sur les réseaux sociaux, déclarant que les États-Unis deviendraient le "gardien du détroit d’Ormuz" et proposant de prélever une taxe de 20 % sur les cargaisons commerciales empruntant cette voie maritime afin d'aider à couvrir "tous les coûts nécessaires pour accomplir la mission de fournir sécurité et sûreté", a précisé Washington.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rejeté la prétention américaine sur cette voie de navigation stratégique, assurant que l’Iran a toujours été, et restera, le gardien du détroit. Il a toutefois reconnu que toute partie garantissant la sécurité du passage dans ces eaux devrait être indemnisée.
Craintes d’un conflit régional plus large
Le détroit d’Ormuz reste ouvert, mais il voit transiter environ un cinquième du pétrole échangé dans le monde, ce qui en fait l’un des corridors énergétiques les plus importants de la planète.
Alors que la navigation commerciale est désormais prise pour cible, que les pays voisins sont de plus en plus entraînés dans les combats et que les opérations militaires s’étendent à travers le Golfe, les inquiétudes se multiplient : chaque nouvel épisode semble accroître le risque d’un conflit régional bien plus vaste.