La Cour pénale internationale a été créée pour juger les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité qui resteraient autrement impunis.
L'Union européenne a qualifié vendredi les sanctions américaines visant la Cour pénale internationale (CPI) de "profondément regrettables" et déclaré qu'elle était "prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à la Cour de mener à bien sa mission".
"L'UE travaillera en étroite coopération avec la CPI pour garantir qu'elle continue de fonctionner efficacement", a indiqué la Commission européenne, ajoutant qu'elle espérait que le délai de six mois avant l'entrée en vigueur des sanctions signifiait "qu'il existe une marge pour le dialogue".
Une des réponses possibles de l'UE serait d'activer un instrument juridique connu sous le nom de "statut de blocage", qui interdit aux entreprises européennes de se conformer aux sanctions américaines "activement ou par omission délibérée", offrant ainsi à l'Union européenne un moyen potentiel d'en atténuer une partie des effets.
Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Tom Berendsen, a qualifié ce mécanisme "d'option nucléaire", tout en précisant que les Pays-Bas avaient malgré tout demandé à Bruxelles de le préparer.
Sanctions américaines contre la CPI : que s'est-il passé ?
L'administration Trump a imposé de nouvelles sanctions d'ampleur contre la CPI, accusant le tribunal de partialité politique et de s'en prendre injustement à des Américains et des Israéliens pour des crimes de guerre présumés.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a annoncé ces mesures vendredi, peu après que la procureure sud-africaine Navi Pillay, ancienne juge de la CPI, a reçu le prix Nobel de la paix. La décision d'imposer des sanctions avait toutefois été prise bien avant l'annonce du Nobel.
"Nous allons interdire toute transaction avec ce tribunal voyou, en lui coupant ses ressources et en paralysant sa capacité à agir contre nous", a déclaré Rubio dans une allocution vidéo publiée sur les réseaux sociaux. "Les États-Unis et le peuple américain ne relèvent pas de la compétence de cette fausse CPI".
Les sanctions gèlent tous les avoirs de la CPI détenus aux États-Unis et accordent aux entreprises et particuliers américains un délai de six mois pour mettre fin à leurs relations d'affaires avec la Cour.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a salué vendredi les sanctions américaines contre la CPI, qui a délivré un mandat d'arrêt à son encontre pour des crimes présumés commis à Gaza.
"La CPI n'est pas un tribunal. C'est un organe politique qui représente une menace mortelle pour les démocraties respectueuses de l'État de droit dans le monde entier et pour l'idée même de souveraineté nationale", a écrit le bureau de Netanyahu sur X.
Comment la CPI a-t-elle réagi aux sanctions américaines ?
La CPI a condamné ces sanctions, les qualifiant d'attaque contre l'État de droit et l'ordre juridique international.
"C'est une tentative d'entraver le cours de la justice et d'empêcher la Cour de faire ce pour quoi elle a été créée", a déclaré la Cour dans un communiqué. "C'est une attaque contre l'État de droit et contre les fondements mêmes de l'ordre juridique international, qui porte atteinte à ce principe simple : personne n'est au-dessus de la loi".
La présidente de la CPI, Tomoko Akane, a assuré que la Cour continuerait "à remplir pleinement son mandat, en toute indépendance et impartialité, en n'agissant que sur la base du droit et des preuves, dans l'intérêt des innombrables victimes de crimes graves".