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Le triste bilan de la République Centrafricaine : interview de Thierry Dumont, MSF

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Par Euronews
Le triste bilan de la République Centrafricaine : interview de Thierry Dumont, MSF
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“ Si on devait faire un bilan aujourd’hui, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est mitigé. La première chose que je constate c’est que la Centrafrique est aujourd’hui pratiquement de facto coupée en deux. Une partie Est, sous contrôle des anciens Séléka. La partie Ouest qui elle serait plus ou moins sous contrôle du gouvernement. Bangui étant encore quelque chose de spécifique à l’intérieur de la Centrafrique. Avec une importante présence des forces armées. Et puis si on parle de la population, là je crois que le bilan est assez triste. Puisque avant ces malheureux événements de l’arrivée des Seleka sur Bangui, je ne connaissais pas une population qui ait vécu autant d’horreurs. J‘étais chef de mission ici en 1999 et 2000, toujours pour Médecins sans Frontières, l’ambiance était complètement différente. Les deux communautés, musulmane et chrétienne vivaient côte à côte. Il n’y avait aucune haine et aucun esprit de revanche entre les deux communautés. Aujourd’hui cela a changé. Qu’on prenne, chez les anti Balaka, qui sont un peu le pic du phénomène de revanche contre les musulmans qui les attaquent à coups de machette, leur coupent la tête, les eviscèrent etc.. C’est un peu les électrons libres de ce phénomène de vengeance. Mais à l’intérieur de la population aussi il y a vraiment chez beaucoup de gens, au minimum un phénomène de rancoeur. Parce que la plupart des gens, entre l’arrivée de la Seleka, et le départ de celle-ci, puis la présence des anti-Balaka, combien sont les familles qui ont perdu un père, une mère, un enfant, un frère une soeur..C’est absolument phénoménal. Donc ca ca crée des conditions qui rendent difficile après une réconciliation. Pas impossible, mais certainement qui prendra plus de temps. Et en même temps, si on fait un retour 15 ans en arrière sur la Centrafrique, il y avait déjà pas mal d’organisations humanitaires qui étaient ici, notamment dans le domaine de la santé, qui est celui qui nous préoccupe le plus. Et aujourd’hui elles sont toujours là, quinze ans après, elles ne sont jamais parties. En 2013 il y avait 40 ongs en Centrafrique, aujourd’hui il y en a 105.