Il s’appelle Osama al-Abd al-Mohsen. Son nom ne vous dit rien ? Il est aussi connu sous le nom de Osama al-Ghadab, ou Hajj Osama. Toujours pas ? Ce
Il s’appelle Osama al-Abd al-Mohsen. Son nom ne vous dit rien ? Il est aussi connu sous le nom de Osama al-Ghadab, ou Hajj Osama. Toujours pas ? Ce migrant connaît pourtant une célébrité inattendue. Son image a fait le tour du monde. Ce Syrien de la ville de Deir Ezzor est l’homme qui est tombé lourdement par terre, son enfant dans les bras, après qu’une caméraman hongroise lui a fait un croche-pied à Roszke. Il essayait de fuir la police et le camp de fortune quand la technicienne de N1TV, une télévision privée proche de l’extrême-droite, a tendu sa jambe pour le faire tomber. Plus tard on la verra recommencer, et même frapper des réfugiés. Petra Laszlo a été licenciée.
Prisonnier du régime syrien
Les réseaux sociaux syriens ont rapidement identifié “Osama al-Abd al-Mohsen”:, une photo le présente souriant, avec son fils de sept ans. L’enfant qu’il tenait contre lui pendant sa fuite. On apprend qu’il a été d’abord capturé par le régime syrien, puis qu’il a fui devant l’Etat islamique. Les commentaires laissés sur le web décrivent al-Mohsen comme un “révolutionnaire de la première heure”, emprisonné par Bachar al Assad. Difficile de vérifier en revanche quand al-Mohsen a quitté Deir Ezzor et quel a été l’exact parcours de son exode.
Amoureux du ballon rond
Mais qui est donc cet Osama al-Abd al-Mohsen ? Un homme qui chute, un homme qui fuit, un homme qui court vers un destin meilleur, pour en finir avec l’oppression, la guerre, le bruit des bombes, la mort. Un homme qui courait après autre chose avant 2011. Et sûrement après un ballon rond : car il coachait l’“équipe de foot”: al-Fotuwa de Deir Ezzor. Il emmenait partout le petit Zaid sur les terrains avec lui. L’enfant pleurait dans ses bras après la chute en Hongrie.
Beaucoup d’internautes ont commenté les photos, et le nom de Mohsen al-Hajj Oussama, un titre de respect pour les hommes plus âgés qui ont terminé le pèlerinage. Ils lui ont apporté leur soutien. Comme ce commentaire qui dit :“Hajj Osama, ne désespère pas”.
Osama al-Abd al-Mohsen sait-il qu’il est l’objet de cet article ? Sait-il qu’il représente la détresse de tout un peuple, qui devra faire face à d’autres agressions, dans un pays étranger et parfois hostile ? Il porte Zaid dans ses bras, quelquepart sur la route.