Egypte : la catastrophe de trop pour un tourisme à l'agonie ?

Ils n’ont pas annulé leur voyage, malgré la catastrophe. Les passagers du vol EgyptAir Paris-Le Caire étaient parés pour l’embarquement ce jeudi à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Non sans une certaine appréhension, hommes d’affaires comme touristes affichaient leur détermination.
A Sharm el-Sheikh, 80% des hôtels sont fermés. La vie est réduite à presque rien, mais on y va quand même.
On y va quand même
“Nous devons rentrer dans notre pays quelles que soient les conditions. Si nous ne voyageons pas aujourd’hui, nous voyagerons la semaine prochaine ou le mois prochain, mais au moins, on rentrera,“ confie Salama Kordeya, un Egyptien de 66 ans, venu à Paris pour le travail.
A 66 ans également, Jean-Luc Leborgne passe régulièrement des vacances en Egypte. La disparition du précédent vol d’EgyptAir pour Le Caire ne le laisse pas indifférent. “Ca nous a perturbés’“ reconnaît-il. “Déjà, vous savez qu‘à Sharm el-Sheikh, 80% des hôtels sont fermés. La vie est réduite à presque rien, mais on y va quand même.“
Un tourisme à l’agonie
Peu de touristes réagissent ainsi. Le crash du vol Sharm El-Sheikh-Saint Pétersbourg le 31 octobre a en effet porté un coup dur au secteur, déjà agonisant en Egypte. Les revenus générés par le tourisme y sont tombés à 500 millions de dollars au premier trimestre, trois fois moins qu’il y a un an.
L’Egypte a accueilli 1,2 millions de touristes sur la période, un million de moins qu’au premier trimestre 2015. Rien, comparé aux près de 4 millions de visiteurs par trimestre en 2010, avant le printemps arabe.
Destination sécurité
La sécurité est devenue un critère déterminant pour les vacanciers européens. Cet impératif conduit les tours opérateurs, comme Thomas Cook, à tourner le dos à l’Egypte, mais aussi à la Turquie et à la Tunisie, pour concentrer leurs offres en Méditerranée occidentale.