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Procès de "l'escroc" du Bataclan : fausse victime pour gagner de l'argent

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Procès de "l'escroc" du Bataclan : fausse victime pour gagner de l'argent

Plaque commémoration attentat Bataclan
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Cédric avait presque fini par croire à ses mensonges honteux, à force de répéter qu'il était une victime de l'attentat islamiste au Bataclan, à Paris. Ce Français de 29 ans, pompier volontaire, ambulancier de formation, comparaît ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Versailles, dans le département des Yvelines, pour "tentative d'escroquerie". Il risque cinq ans d'emprisonnement.

Comment devenir une victime crédible... ou presque

Autour de minuit le 13 novembre 2015, il se répandait déjà dans les médias en racontant qu'il se trouvait sur la terrasse de la fameuse salle de concerts, en train de boire un verre quand les tueurs avaient commencé à tirer en rafales. Selon lui, une image très violente revenait constamment dans sa tête : "Une femme enceinte, racontait-il, a pris des balles qui m'étaient destinées". 

Cédric était allé ensuite jusqu'au bout de son affabulation, obtenant auprès d'un psychiatre un arrêt maladie d'un mois, participant à des groupes de discussion entre victimes, se faisant faire un tatouage à l'effigie d'une Marianne... Et, but ultime, il avait fait valoir ses droits auprès du Fonds de garantie des victimes de terrorisme en remplissant un dossier début 2016, afin de toucher des indemnités.

Il avoue "une erreur impardonnable"

Seulement voilà, un an plus tard, la fausse victime n'avait déposé aucune plainte et son récit présentait des incohérences. La police judiciaire parisienne s'en est alors mêlée et s'est aperçue qu'aucune femme enceinte n'avait été tuée au cours de la soirée d'horreur. L'examen du téléphone portable de l'accusé a montré qu'il était en fait à une trentaine de kilomètres du Bataclan ce soir-là, ce n'est qu'en toute fin de soirée qu'il s'était rendu sur les lieux.

Il a reconnu les faits lors d'un début d'audience le 27 octobre dernier, mais son procès a été renvoyé à ce 1er décembre en attendant une nouvelle expertise psychologique. Le prévenu a été gagné par la honte : "J'ai franchi une erreur impardonnable", a-t-il déclaré.