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"Donnez-moi les migrants ou je vous tue"

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La justice italienne a placé sous séquestre le navire de l'ONG espagnole Proactiva Open Arms, qui venait en secours aux migrants au large de la Libye. Une enquête pour "association de malfaiteurs" a été ouverte contre ses dirigeants.

Le bateau des humanitaires a été intercepté jeudi dernier par des garde-côtes libyens, alertés par leurs homologues italiens. Le personnel de l'ONG a refusé de livrer aux autorités libyennes les 218 migrants qui étaient à son bord, malgré les injonctions de Rome.

Cristina Mas, journaliste espagnole du site d'informations catalan ara.cat, était présente sur le pont. Elle raconte :

"L'homme qui affirmait être le capitaine du bateau a ordonné au personnel d'Open Arms de leur livrer les femmes et les enfants, en les menaçant de mort. Ses mots étaient les suivants : "Je suis le capitaine du navire, donnez-moi les migrants ou je vous tue", et il a répété la même menace trois fois. Ce que j'ai vu sur le bateau, c'est que les migrants préféraient mourir plutôt qu'embarquer à bord du bateau libyen".

Les migrants, qui avaient été secourus en eaux internationales à environ 70 milles nautiques des côtes libyennes, ont été acceptés en Italie "compte tenu des conditions précaires des migrants à bord", après 48 heures d'hésitation.

L'Open Arms reste bloqué au port de Pozzallo, en Sicile. Oscar Camps, directeur de l'ONG basée à Barcelone, a déclaré aux médias espagnols qu'il craignait que le navire ne soit jamais restitué et que certains membres soient poursuivis pour "trafic d'êtres humains".

L'Italie tente de freiner l'afflux de migrants venus de Libye, souvent embarqués dans les embarcations funestes par des passeurs sans scrupules. L'an dernier, elle a demandé aux ONG qui opèrent en méditerranée de signer un "code de bonne conduite", ce qu'a fait Proactiva Open Arms, à l'inverse de certaines autres.

Le nombre de navires opérant dans la zone a néanmoins réduit. Il y a un an, ils étaient une dizaine à patrouiller au large de la Libye et effectuaient 46% des secours, selon les gardes-côtes italiens cités par l'AFP. "Les autres ONG ont suspendu leurs opérations en raison de menaces libyennes, de la baisse des départs... ou de la saisie de leur bateau", explique l'agence.