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L'Egypte depuis Moubarak, de la révolution au statu quo

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L'Egypte depuis Moubarak, de la révolution au statu quo

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Avant le printemps arabe de 2011, l'Egypte n'avait connu qu'un seul dirigeant pendant 30 ans, Hosni Moubarak.

Les manifestations de la place Tahrir avaient pour détonateur les abus des forces de police égyptiennes, la corruption, mais aussi l'état d'urgence permanent, ses procédures expéditives, bref, c'était un appel pour plus de démocratie.

Et la révolution égyptienne fait naître l'espoir. Moubarak tombe. Il démissionne. Il sera jugé longuement et finalement acquitté en mars 2017 dans le procès pour la répression meurtrière des manifestants de la place Tahrir qui avait fait 850 morts.

Une fois Moubarak parti, ce sont les frères musulmans qui remportent les législatives, puis c'est Mohammed Morsi qui arrive au pouvoir. Le premier président élu démocratiquement est un civil et un islamiste. On est en juin 2012.

En août, Morsi va faire du général Abdel Fattah al-Sissi son ministre de la défense et chef des armées. Six mois plus tard, l'Egypte est plongée dans la crise économique, Morsi est contesté, des manifestations monstres réclament son départ. L'armée et Sissi le destituent et l'arrêtent.

Puis, en août, des manifestations pro-Morsi rassemblent des milliers de personnes, les forces de l'ordre lance l'assaut et 700 manifestants sont tués.

Mais Sissi reste en place. Il sera même à son tour élu président en mai 2014.

Depuis, il a réduit l'opposition au silence, emprisonné des milliers de personnes, condamné dans des procès de masse expéditifs des centaines d'autres comme Morsi.

Autocrate contesté par les défenseurs des droits de l'homme, il est encore vu comme le seul capable de relever une économie à genoux et de vaincre le terrorisme islamiste, de faire de l'Egypte un îlot de stabilité entre la Libye, le Soudan, et Israël...

Fin 2017, preuve d'une certaine reconnaissance internationale, il était accueilli à Paris par le président français et recevait le président russe au Caire... Il recevait aussi les félicitations de Donald Trump pour sa gestion du pays.

En 2014, Abdel Fattah al-Sissi estimait que "parler de libertés" ne devait pas "primer sur la sécurité nationale" et affirmait publiquement "qu'il faudrait encore 20 à 25 années pour instaurer une vraie démocratie en Egypte."