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Les difficiles relations entre l’UE et la Turquie

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Les difficiles relations entre l’UE et la Turquie

Le président turc et le Premier ministre bulgare
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Reuters
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La dérive autoritaire de la Turquie inquiète et embarrasse l'Union européenne. Les 28 dénoncent les violations des droits fondamentaux et les atteintes à la liberté de la presse perpétrées par les autorités turques.

Pour autant les Etats membres ne peuvent pas rompre leurs liens avec Ankara car le pays est un partenaire clef en particulier en matière de politique migratoire. Selon le co-président des Verts au Parlement européen, Philippe Lamberts, "il faudrait que l’Europe accepte de prendre sa part dans l'accueil des réfugiés, de sorte que nous n'ayons pas à dépendre des personnes comme Erdogan ". Le député européen reconnaît avec ironie que cela nécessite "un petit peu de courage politique " mais il s’agit d’ "indépendance stratégique à l'égard de la Turquie ", ajoute-t-il.

En mars 2016 l'Union européenne et le gouvernement turc ont conclu un accord qui prévoit de renvoyer vers la Turquie les migrants arrivés en Grèce. Les 28 envisagent de débloquer une nouvelle tranche de trois milliards d'euros pour aider la Turquie à accueillir les réfugiés.

Mais depuis les points de friction se multiplient entre les deux partenaires ce qui remet en question la candidature d'adhésion d'Ankara. Seda Gürkan, analyste à l’Université libre de Bruxelles, voit en fait les relations évoluer "vers une sorte de partenariat qui s'articulera autour des intérêts communs et des stratégies prioritaires. A Bruxelles la Turquie est perçue comme un voisin stratégique ou un partenaire clef, non pas comme un candidat ".

Malgré les tensions, Européens et Turcs ont de nombreux intérêts communs à commencer par les liens économiques. Philipe Lamberts souligne que "la Turquie ne se porte pas très bien économiquement et donc elle a besoin de débouchés. Il est très clair que les mauvaises relations avec l'Europe sont nuisibles à la Turquie, donc quelque part sur le plan économique, Erdogan a besoin de l'Europe ". Mais il reconnait aussi que l’UE a besoin de la Turquie. Aux enjeux économiques s'ajoutent des interrogations en matière de politique internationale. L'offensive militaire turque dans le nord de la Syrie inquiète les Etats membres.