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Enfin une révision du procès Seznec ? Révélation majeure des petits-fils

Portrait de Guillaume Seznec dans Paris-Soir 14 septembre 1933
Portrait de Guillaume Seznec dans Paris-Soir 14 septembre 1933 -
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Bibliothèque nationale de France
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Et si, 94 ans après la condamnation au bagne à perpétuité de Guillaume Seznec - dans l'une des plus retentissantes affaires criminelles du XXième siècle en France -, une nouvelle demande de révision du procès était enfin acceptée, et aboutissait au bénéfice du doute ? Denis Langlois, ex-avocat de la famille Seznec pendant une quinzaine d'années, en parle depuis quelque temps, et les toutes dernières révélations de deux petits-fils du condamné pourraient relancer le processus.

Jean-Yves et Gabriel Seznec viennent en effet d'apporter un témoignage crucial qui pourrait disculper leur grand-père du meurtre de Pierre Quémeneur, un négociant, par ailleurs conseiller général du Finistère, porté disparu fin mai 1923, dont le corps n'a jamais été retrouvé. Ils ont assuré sur la chaîne de télévision France 2 et dans le quotidien Le Télégramme que c'était en fait Marie-Jeanne, la femme de Guillaume Seznec, qui avait tué Quémeneur sans le vouloir. Ce dernier l'aurait agressée sexuellement, elle se serait débattue et l'homme aurait trébuché, se fracassant la tête par terre.

"Une affaire toute simple compliquée à outrance"

Le drame se serait passé un dimanche, le 27 mai 1923, dans la maison de famille de Morlaix, près de la côte nord du Finistère. L'un des enfants du célèbre bagnard, surnommé "petit Guillaume", y aurait assisté quand il avait 12 ans, et a fini par le confier à ses propres fils, Jean-Yves et Gabriel donc, alors qu'il se trouvait sur son lit de mort en 1978.

"Il jouait dans la cour, et il a entendu sa mère crier, se débattre (...), rapporte Gabriel. Il est allé à la fenêtre et il a vu Quémeneur par terre, allongé, recroquevillé sur lui. Et il y avait la bonne aussi qui était là". Puis, poursuit-il, "Sa mère lui a dit qu'elle avait levé la main parce que Quémeneur l'avait agressée un peu, enfin, tripotée quoi... Et il ne s'est jamais relevé". "C'est une affaire toute simple, ça, je me souviens de ses mots (du père), ajoute Jean-Yves Seznec. C'est une affaire toute simple qui a été compliquée à outrance".

Plus de 22 ans dans l'enfer du bagne en Guyane

Selon les deux petits-fils, Guillaume Seznec se serait fait aider par l'un de ses meilleurs amis pour emporter et faire disparaître le corps. Pour protéger son épouse, il aurait fait jurer aux deux enfants présents et à l'employée de maison, Angèle, de ne jamais révéler le secret. Le 4 novembre 1924, il va payer le prix fort lors de son procès à Quimper : condamné à être déporté au bagne de Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, il restera dans cet enfer jusqu'à sa fermeture en 1947, soit plus de 22 ans. Triste ironie du sort, sept ans plus tard, le 13 février 1954, le célèbre prisonnier mourait dans un bête accident, heurté par une camionnette à Paris.

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