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Accord sur le nucléaire : l'ambassadeur iranien met en garde l'Europe

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Accord sur le nucléaire : l'ambassadeur iranien met en garde l'Europe

Accord sur le nucléaire : l'ambassadeur iranien met en garde l'Europe
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"L'Europe se doit de résister aux Etats-Unis et de prendre des mesures pour empêcher Donald Trump de réduire à néant l'accord nucléaire qui a préservé la stabilité au Moyen-Orient", a prévenu l'ambassadeur iranien auprès de l'Union européenne.

Dans une tribune qu’il nous a accordée, Peiman Seadat a estimé que les parties restantes doivent “agir rapidement et de façon coordonnée” pour maintenir les termes de l’accord.

"Si l'Europe choisit, durant l'administration Trump, de donner la priorité aux liens transatlantiques, elle risque d'aller à l'encontre de ses propres principes et valeurs, et de saper sa souveraineté et sa crédibilité", a expliqué l’ambassadeur iranien.

Donald Trump a annoncé le 8 mai dernier le retrait total des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, malgré l'opposition des autres signataires : la Chine, la France, l'Allemagne, la Russie, le Royaume-Uni et l'Union européenne ainsi que l'Iran.

Le président des Etats-Unis a également averti que les entreprises européennes qui continuaient à faire des affaires avec l'Iran seraient soumises à des sanctions économiques américaines, ce qui a incité des compagnies telles que Peugeot et Total à abandonner leurs projets en Iran.

Peiman Seadat a critiqué les dirigeants qui ont tenté de "gérer" ou d'"apprivoiser" Donald Trump, à l’image du président français Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel, ce qui selon lui n’avait pas provoqué le moindre changement à la Maison Blanche.

Pour l’ambassadeur iranien, l'accord signé à Vienne en 2015 pourrait tenir sans les Etats-Unis, mais seulement si l'Iran recevait des "garanties concrètes" de retombées économiques.

L’accord sur le nucléaire iranien, ou Plan d’action global commun, avait permis de réintégrer Téhéran dans le concert des nations en permettant une levée partielle des sanctions internationales contre la République islamique. En échange, L’Iran avait accepté de brider pour plusieurs années son programme nucléaire afin d’apporter l’assurance que celui-ci n’avait aucune visée militaire.

Au début du mois de mai dernier, Israël a annoncé détenir des preuves que l’Iran n'avait jamais abandonné le développement d’armes nucléaires, affirmant avoir mis au jour “un programme clandestin”. Cette “mise en garde” a été rapidement reprise par Donald Trump. En outre, le président américain a ajouté dans la foulée que l’accord n’avait pas empêché l’Iran de prendre part aux conflits dans la région - au Yémen et en Syrie - et de développer des missiles conventionnels qui pourraient constituer une menace pour ses voisins.

Face à cela, Peiman Seadat a avancé que les "politiques agressives et l'intimidation dont fait preuve Donald Trump augmentent la probabilité d'une riposte. Une riposte qui a le potentiel de se transformer en un conflit incontrôlable”.

"L’accord est un facteur de stabilité qui promeut la paix dans la région, mais aussi à l’échelle internationale. Mais afin de sauver et de préserver son existence, l'Europe et les autres signataires restants doivent agir rapidement et de façon coordonnée”, a-t-il conclu.