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Condamnés à de la prison après avoir reconstruit Fraguas, un village espagnol abandonné

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Condamnés à de la prison après avoir reconstruit Fraguas, un village espagnol abandonné

Condamnés à de la prison après avoir reconstruit Fraguas, un village espagnol abandonné
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Colectivo Fraguas Revive
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Six membres d´'un collectif, Colectivo Fraguas Revive, qui avaient avaient entrepris de reconstruire un village espagnol abandonné risquent une peine de prison de 18 mois, pour occupation illégale, et une amende qui servira à payer la démolition des travaux effectués. Selon le verdict, la peine pourrait servir d'exemple afin d'éviter d'autres projets de ce type.

Situé dans les montagnes de Guadalajara, le petit village de Fraguas a été déserté dans les années 1960 pour laisser place à un programme de reboisement. Il a ensuite été utilisé comme espace d'entraînement par l'armée espagnole dans les années 1980.

Le collectif a démarré ce projet il y a cinq ans, et la peine encourue ne semble pas les en détourner pour le moment.

Jaime Merino, le porte parole du groupe, a affirmé à Euronews : "Nous n'avons pas arrêté la reconstruction", ajoutant qu'ils comptent épuiser tous les recours juridiques auxquels ils ont droit.

Les membres de Colectivo Fraguas Revive ont été déjà condamné collectivement à une amende de 16 380 euros par le tribunal Superieur de Castilla-La-Mancha. Condamnation pouvant entraîner trois années supplémentaires de prison si l'amende n'est pas payée.

La Laponie du Sud

La région de Castilla-La-Mancha, aussi connue sous le nom de Laponie du Sud, a une densité de population inférieure à huit personnes par kilomètre carré. Cette dernière a souffert d'un exode rural intense, et d'un vieillissement de la population.

"Nous sommes allés à la Sierra de Guadalajara car nous savions qu'il y avait beaucoup de villages vides là-bas".

En Espagne, les villages abandonnés ne sont pas rares, mais le collectif a choisit Fraguas pour ses réserves naturelles, qui comptent des sources naturelles d'eau, de vieux vergers, et de nombreux arbres fruitiers.

Un village autosuffisant

Colectivo Fraguas Revive
Des panneaux solairesColectivo Fraguas Revive

L'objectif du collectif de Fraguas est de pouvoir être autonome. Pour arriver à leurs fins, une installation photovoltaïque a été installée, comptant 24 panneaux solaires. Un système hydraulique avec une turbine à eau est aussi en cours de développement.

Jaime Merino ajoute que le groupe s'est rapproché des habitants locaux. Leur première action a été la reconstruction du cimetière du village, comme geste de gratitude envers les anciens habitants.

Selon lui, les voisins sont enchantés par le projet et les soutiennent dans leur mission de redonner vie `Fraguas.

Colectivo Fraguas Revive
Des membres de la collective avec les anciens habitants de FraguasColectivo Fraguas Revive

L'un d'entre eux, Isidro Moreno, leur a offert un livre qu'il avait écrit sur l'histoire du village, avec une photo des maisons. Le collectif a par la suite décidé de reconstruire les ruines de la maison de l'oncle d'Isidro, Cándido, et de la baptiser "Casa Cándida". "En son honneur, et parce que presque toutes les maisons possédaient un nom d'homme", explique Jaime Merino.

"Casa Cándida" dispose d'un salon, une bibliothèque et une cuisine. Cette maison est devenu le bureau des opérations menées par le groupe. "Nous avons à notre disposition trois grands bâtiments, et trois autres de taille plus modeste", précise Jaime Merino. Actuellement entre treize et quinze personnes vivent dans ces maisons.

Une alternative à l'exode rural

Selon la loi espagnole, construire sur un lieu public est illégal, mais Jaime Merino défend sa cause en arguant du fait que le collectif ne construit rien, mais reconstruit ce qui existe déjà.

Il ajoute : "nous avons déclaré chaque action que nous avons entreprise, et nous avons prouvé que nous ne faisions aucun mal à l'environnement".

Colectivo Fraguas Revive
Potager de FraguasColectivo Fraguas Revive

Selon lui, l'administration publique d'Espagne crée des obstacles aux personnes qui ne souhaite plus vivre en ville. "Il faut changer les lois et faciliter le départ des jeunes qui veulent quitter la ville sans que cela ne leur coûte trop cher", précise-t-il.

"Pourquoi sont-ils si déterminés à détruire quand nous pouvons reconstruire une commune, afin de redonner vie à l'Espagne rurale ?" demande Jaime Merino.

En attendant que leur appel de leur condamnation ne soit jugé, le collectif ne compte pas quitter le village. Ils espèrent que leur travail ne sera pas démoli et ont lancé une pétition en ligne pour soutenir leur action.