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Le Parlement hongrois pénalise les ONG aidant les migrants

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Le Parlement hongrois a adopté mercredi un ensemble de lois dénommé "Stop-Soros" rendant passible de poursuites pénales l'aide aux migrants opérée par des ONG, à l'initiative du Premier ministre national-conservateur, Viktor Orban.

Promis par le dirigeant avant sa confortable réélection pour un troisième mandat consécutif en avril dernier la nouvelle législation, qui vise "les organisateurs de l'immigration illégale", a été adoptée par 160 voix pour et 18 contre.

En vertu de la nouvelle loi, les personnes ou groupes qui aident les migrants n'ayant pas droit à la protection à présenter une demande d'asile ou qui aident les migrants clandestins à obtenir le statut de séjour en Hongrie seront passibles de peines de prison.

"Le peuple hongrois s'attend à juste titre à ce que le gouvernement utilise tous les moyens nécessaires pour combattre l'immigration clandestine et les activités qui l'aident", a écrit le ministre de l'Intérieur Sandor Pinter dans un exposé des motifs au projet de loi.

Le Parlement hongrois a également adopté mercredi un amendement constitutionnel qui stipule qu'une "population étrangère" ne peut être installée en Hongrie - une réponse claire au projet de quotas européens défendu par Bruxelles et auquel s'opposent plusieurs pays de l'Est.

"Au lieu d'accorder une protection contre les persécutions, le gouvernement hongrois a décidé de rejoindre les rangs des persécuteurs ", a déclaré Marta Pardavi, coprésidente du Comité d'Helsinki.

Le gouvernement Orban s'attend à une éventuelle action en justice de la Commission européenne, le bras exécutif de l'UE, au sujet de la nouvelle loi.

Deux organismes européens de premier plan, le Conseil de l'Europe et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ont critiqué la nouvelle loi hongroise comme étant "arbitraire" et vague et ont déclaré qu'elle contrevient au droit européen.

La Commission de Venise, un organe d'experts du Conseil de l'Europe, avait demandé à la Hongrie de s'abstenir d'approuver la nouvelle loi jusqu'à la publication d'un rapport qu'elle a cosigné avec l'OSCE.

Dans le cadre d'autres modifications constitutionnelles approuvées mercredi, le Parlement a accepté de créer un nouveau pouvoir judiciaire pour les affaires administratives qui, selon les critiques, pourraient accroître l'influence politique sur les juges. Un autre changement a restreint le droit à la liberté d'expression et de réunion.

Avec Agences