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[Vidéo] Une borne anti-véhicule bélier testée grandeur nature

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[Vidéo] Une borne anti-véhicule bélier testée grandeur nature

[Vidéo] Une borne anti-véhicule bélier testée grandeur nature
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Comment se prémunir contre les véhicules béliers ? Depuis les attentats de Nice ou de Berlin, de nombreuses pistes sont étudiées pour empêcher de telles intrusions. Une société française, La Barrière automatique (LBA), basée à Limonest près de Lyon, a présenté un nouveau dispositif allant dans ce sens.
Le but de ce dernier est de pouvoir stopper un camion de 7,5 tonnes lancé à 80 km/h. Avant de pouvoir être commercialisé, ce matériel a été testé grandeur nature lors d’un crash-test organisé dans l’enceinte de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry, le 14 juin dernier. L’essai a été concluant, l'homologation de cette borne rétractable devrait intervenir sous peu.

Nous nous sommes entretenus avec Jean-Marc Sanchis, directeur commercial de LBA.

Euronews : "Quels sont les différences par rapport à une borne classique ?"

Jean-Marc Sanchis : "Les bornes de trafic escamotables qui empêchent les véhicules de passer sont des produits souvent fragiles. Par exemple, quand elles sont heurtées, elles ne fonctionnent plus. Là c’est du matériel de haute sécurité, le produit que nous avons développé est prévu pour résister à de gros chocs. Ce dispositif est fait pour être mis devant des sites SEVESO, de grosses zones industrielles, des ministères ou encore des musées."

Euronews : "Comment cela fonctionne-t-il ?"

Jean-Marc Sanchis : "Cette borne, qui pèse 350 kg, sort de terre poussée par un vérin hydraulique qui se déploie en quelques secondes. Elle peut résister à un choc produit par un véhicule de 7,5t lancé à 80 km/h. Si la borne sort d'un mètre du sol, il y a aussi 1,70m dans le sol. C’est comme un iceberg : il y a toute une étude de résistance qui a été menée dans le sol, où une partie du choc est absorbé."

Euronews : "La borne peut-elle résister à de plus gros camions ?"

Jean-Marc Sanchis : "Oui, si ce camion va moins vite que 80 km/h. C’est de la physique, un rapport entre la vitesse et le poids. Si je prends le cas de l’attentat de Nice comme image, le camion n'était pas à 80 km/h, il était beaucoup plus lent. Si le camion va à 50 km/h, la borne pourra peut-être résister à 10 tonnes."

Euronews : "Ce dispositif est-il réutilisable ?"

Jean-Marc Sanchis : "Après avoir retiré le camion, nous avons dû remplacer l’habillage en inox - la partie esthétique de la borne - qui est naturellement déformé par le choc. Nous avons constaté que la borne fonctionnait alors à nouveau parfaitement. Avant de faire le test en réel, nous avons effectué des simulations informatiques. Et lors des premières tentatives, le camion passait au dessus de la borne ou cassait la borne. Nous avons amélioré notre modèle pour réussir ce test informatique. Et lorsque nous avons trouvé la bonne solution, nous avons pu nous préparer pour le test grandeur nature. Quant à la certification, elle est en cours, car le test a été concluant. L'officialisation devrait intervenir dans les prochaines semaines."

Euronews : "**Quel est le coût d’un tel équipement ? Et avez-vous déjà des contacts commerciaux?"**

Jean-Marc Sanchis : "Pour mettre en place cette borne, il faut compter entre 10 et 15 000 euros pour le matériel et la même somme pour l’installation. Nous avons besoin de huit semaines pour les fabriquer. Et dès maintenant, nous commençons à répondre à des chiffrages et nous allons nous positionner sur des appels d’offre émanant de ministères ainsi que des groupes privés ayant des d'importants stocks de marchandises à fortes valeurs."

LBA/SANAE architecture
Exemple de "borne design"LBA/SANAE architecture

Parallèlement à cela, nous avons développé une gamme de bornes design, qui s'intègrent mieux dans le paysage urbain. Ce sont objets discrets mais résistants. Nous avons donc créé des bornes fixes habillées, "crashtestées" non pas à 80km/h mais à 50km/h. Elles sont en plus équipées d’un revêtement anti-pollution. Ce sont évidemment des obstacles de sécurité, mais qui ne défigurent pas les centres-villes contrairement aux cubes en inox ou aux blocs de béton."

Euronews : "Diriez-vous qu’il existe un 'effet Vigipirate' dans votre domaine ?"

Jean-Marc Sanchis : "On voit que la demande évolue. De plus en plus, nous vendons aux collectivités et aux entreprises des barrières plus résistantes, car les petits dispositifs ne font plus face aux menaces d'aujourd’hui. Nous proposons donc des obstacles lourds, qui étaient destinés aux ambassades ou aux sites industriels. Auparavant, de tels équipements n'étaient déployés que devant des sites vraiment hautement sensibles. Maintenant, on en met même devant les supermarchés."