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Elections au Mexique : le "jeu de massacre" des cartels de la drogue

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Elections au Mexique : le "jeu de massacre" des cartels de la drogue

Photo prétexte élections 1er/07/2018 Mexique : pouvoir des cartels.
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Les Mexicains, qui votent ce dimanche pour élire tout à la fois un nouveau président, des députés, sénateurs, gouverneurs et maires, n'en peuvent plus de la violence et de la corruption. Et pour cause, la campagne électorale aura été la plus sanglante jamais connue dans le pays. On a du mal à l'admettre mais pas moins de 133 hommes et femmes politiques ont été assassinés en quelques mois. Une cinquantaine sont des candidats à des mandats locaux qui n'auront même pas eu le temps d'assister au Jour J.

A titre de comparaison, lors du dernier scrutin multiple en 2012, il n'y avait eu - si l'on peut dire - que 9 élus tués au cours du processus électoral. Entre-temps, les cartels mexicains, tristement célèbres pour leur puissance et leur extrême cruauté, ont encore évolué. Ils ne se contentent plus de leurs "petites affaires" de drogue, ils veulent également contrôler tous les centres de décision politique, même les plus petits comme les municipalités. Alors, c'est tout simple : quand ils n'arrivent pas à corrompre les élus en place ou les candidats afin de poursuivre tranquillement leur négoce, ils s'en débarrassent violemment.

La carte ci-dessus représente les zones d'influence de 7 cartels qui restent importants.

Les cartels de la drogue se régénèrent sans cesse

Selon des experts du phénomène de violence au Mexique, la guerre lancée contre les barons de la drogue par le gouvernement de Felipe Calderon, il y a déjà douze ans, a réussi à faire éclater les grands groupes criminels mais ces derniers se sont régénérés au cours des années en faisant des petits. Ce sont plutôt des gangs désormais qui se font la guerre entre eux pour s'imposer; les plus forts survivent en pratiquant l'hyper-violence contre l'Etat ou en achetant les dirigeants, et en terrorisant la population, notamment grâce à des enlèvements de dizaines de personnes.

La violence a déjà connu un pic l'an dernier : 25 339 homicides ont été recensés. En six ans de mandat, l'administration sortante du président Enrique Peña Nieto n'a jamais pu l'endiguer; cette dernière a été éclaboussée par plusieurs scandales de corruption et accusée de violation des droits de l'Homme. Une partie de l'opinion publique mexicaine est donc tout de même résignée... et que plusieurs candidats à ces élections générales soient d'anciens détenus, ou pire aient mené la campagne depuis leur prison, ne la choque pas plus que ça.