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Que prévoit l'UE pour l'accueil des demandeurs d'asile ?

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Que prévoit l'UE pour l'accueil des demandeurs d'asile ?

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En juillet dernier, Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur italien, a tweeté que d’ici la fin de l'été le budget alloué par le gouvernement italien à chaque demandeur d'asile passerait de 35 à 25 euros par jour. Salvini, également leader de la formation d’extrême droite “La Ligue”, a ajouté que “l’argent économisé” serait investi dans "la sécurité".

Mais Matteo Salvini peut-il effectivement décider de réduire, à lui tout seul, l'argent versé aux demandeurs d’asile en Italie ?

La réponse est clairement non, pour Gianfranco Schiavone, président de Consorzio Italiano di Solidarietà (ICS), une ONG qui travaille avec les migrants à Trieste, dans le nord de l'Italie.

"En la matière, les politiciens ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent. Il existe ainsi une directive européenne décrivant clairement le niveau des aides que devraient recevoir les demandeurs d'asile " explique Gianfranco Schiavone que nous avons contacté.

Le président de l’ICS s’appuie ici sur la directive 2013/33 du Parlement européen. L'objectif de ce texte, adopté en 2013, est d'établir des normes pour l’accueil des personnes demandant l’asile dans les pays membres de l’Union européenne. Les demandeurs doivent ainsi bénéficier d"un niveau de vie digne" pendant qu'ils attendent la décision concernant leur démarche.

Cependant, ce texte ne s'applique pas aux personnes dont les demandes d'asile ont été rejetées par un État membre de l'UE

En vertu de cette législation de l'UE, les pays doivent fournir aux demandeurs d'asile de la nourriture, un logement, des vêtements, des soins de santé, une scolarisation aux mineurs, un accès à l'emploi sous certaines conditions et une assistance juridique.

En outre, il appartient aux pays membres de décider s’ils fournissent aux demandeurs d’asile de “l’argent de poche” ou des bons pour parer à leurs "conditions matérielles". De plus, “les États membres peuvent accorder aux demandeurs un traitement moins favorable qu’à leurs ressortissants”, car cette directive laisse aux pays membres le soin de définir ce qui constitue, à leurs yeux, "un niveau de vie” suffisant.

La directive comprend également une section détaillant l'accueil spécifique des personnes "vulnérables", en particulier les mineurs non accompagnés et les victimes de torture.

Les pays membres devaient incorporer cette directive dans leur législation nationale à compter du 20 juillet 2015.

Gianfranco Schiavone nous a assuré qu’il n’était pas possible de respecter ces normes minimales avec moins de 30 € par jour.

"Tout cela a un coût, bien sûr. Cela peut être discutable, mais au plus bas, le seuil se situe entre 30 et 35 €. Et réduire les dépenses en dessous de 35 € provoquerait l'implosion du système, laissant des milliers de personnes aux mains de personnes peu recommandables", nous a déclaré le président de Consorzio Italiano di Solidarietà.