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Maison de fous, la Maison Blanche ? Tout est dans le livre "Fear"

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Maison de fous, la Maison Blanche ? Tout est dans le livre "Fear"

Maison de fous, la Maison Blanche ? Tout est dans le livre "Fear"
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Coup de tonnerre aux Etats-Unis, en près de 450 pages d'anecdotes et de confidences accablantes, voici le livre du journaliste d'investigation Bob Woodward sur Donald Trump. Woodward, celui-là même qui a fait tomber le président Nixon en révélant, avec Carl Bernstein, le scandale du Watergate, a dressé le portrait d'un président inculte, colérique et paranoïaque que ses collaborateurs s'efforcent de contrôler pour éviter les pires dérapages.

Woodward a rapporté les propos et témoignages de personnalités clefs de l'administration Trump comme le secrétaire général de la Maison blanche ou le général Mattis, ministre de la Défense...

L'ouvrage "Fear" sort la semaine prochaine et pour Donald Trump "c'est juste un autre mauvais livre"...

Sur Twitter, il a été prompt à dénoncer des histoires colportées par d'anciens membres de son équipe mécontents ou "tout simplement inventées par l'auteur" et à poser ces questions : "Woodward est-il un agent démocrate? Vous avez noté le calendrier?"

Selon Bob Woodward, lors d'une réunion en petit comité, le secrétaire général de la Maison blanche Jon kelly aurait par exemple affirmé, à propos de Trump : "C'est un idiot. C'est inutile d'essayer de le convaincre de quoi que ce soit. Il a complètement déraillé. On est chez les fous. Je ne sais même pas ce que nous faisons là".

Dans une brève réaction, Kelly a depuis assuré n'avoir jamais qualifié le président d'idiot et réaffirmé son engagement à ses côtés.

Woodward cite encore les propos du ministre de la Défense qui aurait dit de Trump qu'il a "le niveau de compréhension d'un enfant de CM2 ou de sixième" après une réunion sur la Corée du Nord.

Toujours selon les éléments rassemblés par Bob Woodward, après l'attaque chimique d'avril 2017 attribuée au régime de Bachar al-Assad, Trump aurait appelé le général Mattis et lui aurait dit qu'il souhaitait assassiner le président syrien.

"Tuons-le bordel! Allons-y ! On leur rentre dedans et on les bute",aurait-il déclaré. Après avoir raccroché, Mattis se serait tourné vers un conseiller et aurait dit : "Nous n'allons rien faire de tout cela. Nous allons être beaucoup plus mesurés".

Dans un texte diffusé dans la soirée, le général Mattis n'a pas contesté cet épisode en particulier. Mais il a affirmé n'avoir jamais prononcé "les mots méprisants" qui lui sont attribués à l'encontre du président, déplorant le recours aux sources anonymes qui affaiblit la crédibilité de ces écrits.

L'auteur affirme avoir cherché, sans succès, à interroger Donald Trump pour ce livre. Il précise que le locataire de la Maison Blanche l'a appelé mi-août, alors que le manuscrit était terminé.

Le Washington Post publie l'enregistrement de la conversation entre les deux hommes, au cours de laquelle Trump affirme que personne ne lui a fait passer le message du journaliste et assure qu'il aurait "adoré lui parler".

"Vous savez que je fais un travail extraordinaire pour le pays (...) Vous comprenez tout ça ? Enfin j'espère", lance-t-il au milieu de cet étonnant dialogue où il donne, par moments, l'impression d'être résigné.

"Fear" doit être prochainement traduit en Français par les Editions du seuil qui vient d'en acquérir les droits.