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L'ex-chancelier autrichien Kern candidat à la succession de Juncker

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L'ex-chancelier autrichien Kern candidat à la succession de Juncker

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En Autriche, l’ancien chancelier social-démocrate Christian Kern a annoncé ce mardi qu’il serait la tête de liste de son parti, le SPÖ, aux européennes qui se tiendront en mai prochain. Mais ce dernier ne cache pas qu’il ambitionne également de devenir le “Spitzenkandidat” des socialistes européens. Ce terme, en jargon bruxellois, désigne le chef de file que chaque grande famille politique européenne va présenter aux élections. Et, en cas de succès électoral, cette désignation ouvre aussi la porte au poste de président de la Commission.

La social-démocratie doit veiller à ce que "l'Europe continue de briller comme une ville en haut d'une colline, et ne sombre pas dans un marécage nationaliste", a déclaré Christian Kern à Vienne, soulignant que "le concept d'une démocratie libérale et ouverte sur le monde est massivement remis en cause" par les populistes à travers le continent.

La volonté, plus ou moins avouée pour l’instant, de Christian Kern de briguer la tête de file des Socialistes et démocrates (S&D), deuxième plus important groupe politique au Parlement européen derrière le PPE (centre-droit/droite) coïncide le sommet européen qui se tiendra à partir de ce mercredi à Salzbourg. Christian Kern devrait rencontrer à cette occasion les dirigeants sociaux-démocrates européens pour obtenir leur soutien.

A ce jour, seul le commissaire européen slovaque Maros Sefcovic s'est officiellement porté candidat à la tête des S&D. Parmi les autres candidats socialistes possibles à la succession de Jean-Claude Juncker, les noms du Français Pierre Moscovici, actuel commissaire aux Affaires économiques, et du Néerlandais Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission, sont souvent cités, mais ils n'ont pas annoncé officiellement leurs intentions.

Du côté du PPE, dont est issu Jean-Claude Juncker, l'Allemand Manfred Weber, chef de file de la droite au Parlement européen, est le premier à avoir déposé sa candidature, avec le soutien de la chancelière allemande Angela Merkel.

Christian Kern, aujourd’hui âgé de 52 ans, avait été nommé chancelier en mai 2016, à la tête d’une "grande coalition" formée par son parti de centre gauche et par les conservateurs de l’ÖVP. Mais il ne sera pas resté longtemps à la tête du pays. Il a été en effet battu en octobre 2017 par ces mêmes conservateurs, portés par leur jeune dirigeant Sebastian Kurz. Ce dernier a depuis accédé à la plus haute fonction de l’Etat en formant un gouvernement de coalition avec l’extrême droite du FPÖ.

Christian Kern a effectué la plus grande partie de sa carrière dans le monde l’entreprise. Il a ainsi occupé le poste de président de l’ÖBB, la compagnie ferroviaire publique autrichienne. Il a également été dirigeant de Verbund, un fournisseur d'électricité. Concernant son parcours politique, il a été porte-parole du groupe parlementaire du SPÖ à la chambre basse du parlement autrichien avant de se tourner vers les entreprises.

C'est le Conseil européen, composé des chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'UE, qui a le rôle de désigner un candidat pour la présidence de la Commission, lequel doit toutefois ensuite recueillir une majorité de suffrages du Parlement européen.

Les eurodéputés exigent que le Conseil européen désigne comme candidat la tête de liste désignée par le parti qui aura remporté le plus de sièges aux élections européennes. Le Conseil refuse cependant de s'engager à respecter cette procédure, qui avait été utilisée pour le choix de Jean-Claude Juncker en 2014.

- Avec AFP -