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Birmanie : "justice doit être rendue aux Rohingyas"

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Birmanie : "justice doit être rendue aux Rohingyas"

Birmanie : "justice doit être rendue aux Rohingyas"
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"Justice doit être rendue aux Rohingyas". Après le rapport des enquêteurs de l'ONU et la mobilisation de la Cour pénale internationale, le chef de la diplomatie britannique enfonce le clou. En visite en Birmanie, Jeremy Hunt a assuré à Aung San Suu Kyi qu'il n'y avait aucune échappatoire possible pour ceux qui ont perpétré des crimes contre la minorité musulmane rohingya. La dirigeante birmane, Nobel de la paix, a vu sa réputation de plus en plus ternie sur la scène internationale avec la crise des Rohingyas. Mais Jeremy Hunt l'excuse en quelque sorte :

"Je lui ai parlé de l'importance de soutenir une procédure en faveur de la justice. Mais nous devons nous rappeler qu’elle ne contrôle pas les militaires dans ce pays et que la personne que je voulais rencontrer, mais qui n’était pas prête à me rencontrer, c'est le commandant en chef de l’armée Min Aung Hlaing."

Certains accusent Aung San Suu Kyi d'être devenue passive ou bien d'être la marionnette ou encore la porte-parole des militaires. Son inaction pendant les exactions commises contre les Rohingyas et l'exil de 700 000 d'entre eux vers le Bangladesh a été trop criante pour la communauté internationale.

Dans son examen préliminaire de la déportation présumée des Rohingyas vers le Bangladesh qui a débuté mardi, la Cour pénal internationale a dit qu'elle allait tenir compte de leur privation de droits fondamentaux, des meurtres, des violences sexuelles, des actes de destruction et des disparitions forcées.

Nombre de voix s'élèvent pour aller plus loin aujourd'hui, pour que l'ONU qualifient ce "nettoyage ethnique" de "génocide". Le parlement canadien vient déjà de l'approuver à l'unanimité, mais la probabilité d'une résolution sur le "génocide" rohingya est faible, la Chine et la Russie risquant d'y opposer leur veto.

En outre, les récentes décisions de justice prise contre les reporters de Reuters et contre un homme qui avait critiqué la dirigeante interrogent, quant à l'indépendance du système judiciaire et à la nature même du premier gouvernement civil depuis le règne de la junte.

Les deux journalistes ont été condamnés récemment à sept ans de prison alors qu'ils enquêtaient sur des exactions commises contre les Rohingyas. Le chef de l'ONU réclamait encore hier de nouveau leur libération. Aung San Suu Kyi a dit à Jeremy Hunt qu'elle allait se pencher sur la question.