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Montpellier-Nîmes: de "Nicollin à cheval" à "l'enterrement des Nîmois"

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Montpellier-Nîmes: de "Nicollin à cheval" à "l'enterrement des Nîmois"

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Le derby Montpellier-Nîmes retrouve l'élite, 25 ans après, ranimant des souvenirs de matches riches en chansons, et en rivalités, à l'image de cette demi-finale de Coupe gagnée par Nîmes, alors deux divisions en-dessous (1996). Voici quatre derbies mémorables.

- "Une soirée de folie": 4-4

Le plus prolifique (4-4) remonte au 22 mars 1986, en 2e division, car les deux équipes n'ont passé que deux saisons ensemble dans l'élite, de 1991 à 1993. En L1 le bilan est équilibré, avec une victoire chacun et deux 0-0.

Ce soir-là, dans La Mosson encore en bois, devant sa fameuse "Butte", qui donne toujours son nom au fervent kop montpelliérain, les "Crocodiles" mènent 3-0 au bout de 32 minutes. Mais Montpellier revient à 3-3, avec notamment un but du jeune Laurent Blanc (celui de 3-2), et revient encore à 4-4 à la 80e alors que les "Crocos" avaient repris l'avantage.

Jean-Marc Valadier, attaquant formé au club, se souvient de cette "soirée de folie". "J'avais ré-engagé trois fois après une demi-heure de jeu en ayant quasiment pas touché le ballon. C'était un cauchemar", raconte-t-il au site du club.

- Les Gitanes de Loulou

Après un pâle 0-0 à La Mosson à l'aller pour le premier derby du Languedoc dans l'élite, le retour est illuminé par Philippe Vercruysse, auteur d'un doublé (20, 66), le 7 mars 1992 face au seul but du Polonais Jacek Ziober (58).

"Montpellier était une très belle équipe à l'époque, qui jouait quasiment les premiers rôles, pour Nîmes c'était un exploit", se souvient l'ex-international pour l'AFP.

A Montpellier, l'ex-défenseur Franck Lucchesi se rappelle surtout de la colère du président Louis Nicollin.

"Après la défaite il a poussé une grosse gueulante, raconte-t-il en riant à l'AFP. Le lendemain à l'entraînement il ne nous regardait même pas, il fumait des Gitanes sans filtre, et à chaque fois qu'on passait il nous lançait des mégots au milieu du tas (éclats de rire)! On s'écartait, on ne disait rien... On a laissé passer l'orage."

- "Laissez passer l'enterrement des Nîmois!"

Ce chant funèbre des ultras montpelliérains de Butte Paillade accompagne la revanche de Montpellier la saison suivante, le 12 mars 1993 (1-0).

Un petit groupe de supporters pailladins est autorisé à défiler sur la pelouse avant le match, avec un crocodile gonflable pendu, entonnant sur la marche funèbre de Chopin: "Laissez passer l'enterrement des Nîmois", jusque sous le museau du parcage gardois à La Mosson. Cette défaite enfonce Nîmes, qui redescendra en L2 en ne prenant que 5 points (victoire à 2 points) sur les dix matches suivants.

Le "croquemort" s'appelait... Michel Der Zakarian. "J'avais marqué d'une tête décroisée et lobée à l'entrée des 16 mètres en prenant le dessus sur Laurent Blanc (35), se souvient l'actuel entraîneur de Montpellier. C'était un derby. Un derby, ça se joue et ça se gagne."

- "Nicollin à cheval", les joueurs aux poubelles

Mais le plus mythique des derbies du Languedoc a été remporté par Nîmes, en demi-finale de la Coupe de France, le 14 avril 1996, alors que les Crocos étaient en National (1-0).

"C'est le pire souvenir de ma carrière, soupire Serge Blanc, qui en outre a subi une grave entorse au genou ce jour-là. Nicollin avait fait son spectacle pendant une semaine, comme quoi il rentrerait à cheval en cas de défaite..."

Le lendemain du fiasco, "il nous avait tous donné rendez-vous au siège de son entreprise où ses gars se lèvent à 4 h du matin pour vider les poubelles, pour nous montrer ce que c'était que de se faire mal, poursuit pour l'AFP le défenseur. J'avais trouvé ça superbe!"

Pour le milieu nîmois Christophe Zugna il s'agit au contraire du "meilleur souvenir de toute ma vie. Les priver d'une finale c'était le top, inoubliable!" se marre-t-il pour l'AFP.

Zugna, qui a joué toute sa carrière à Nîmes, se souvient du "vacarme hallucinant" à son entrée sur la pelouse des Costières.

Il est resté marqué par "les Montpelliérains dans le couloir, blancs, transparents. Nous on avait la bave. On l'a gagné là, le match".

Un but d'Abder Ramdane dès la 9e minute envoie Nîmes en finale. Et le public raccompagne Loulou en reprenant à tue-tête: "Nicollin à cheval!"

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