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Législatives au Kurdistan d'Irak en crise économique et politique

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Législatives au Kurdistan d'Irak en crise économique et politique

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Le Kurdistan irakien a voté dimanche sous le signe de la résignation pour élire son nouveau Parlement, un an après le fiasco du référendum d'indépendance dans cette région autonome qui tente désormais de se reconstruire économiquement.

Ce scrutin, dont les résultats seront connus sous 72 heures selon la commission électorale, a suscité peu d'enthousiasme.

Il intervient toutefois à la veille de l'élection par le Parlement à Bagdad du président irakien, un poste traditionnellement réservé à un Kurde que se disputent pour la première fois les deux grands partis kurdes.

D'un côté, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de l'ancien président kurde Massoud Barzani, architecte du référendum d'indépendance, et de l'autre, l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), du défunt président irakien Jalal Talabani, qui a toujours eu la présidence à Bagdad.

Près de 3,1 millions d'électeurs étaient appelé à élire 111 députés. Quelques incidents limités ont été rapportés, alors que des hommes en armes ont tenté de voter dans certains bureaux sans avoir les documents requis, selon des correspondants de l'AFP.

A l'issue du vote, la commission électorale a annoncé une participation de 58% à Erbil, 61% à Dohouk, bastion du PDK, au pouvoir à Erbil, et 53% à Souleimaniyeh, où siège l'UPK.

- "Nos voix ne valent rien" -

A Souleimaniyeh, Baher Gharib a assuré à l'AFP que "voter n'apporte rien". Depuis l'autonomie de 1991, a-t-il affirmé, les dirigeant kurdes "ne nous ont rien apporté d'autre que des conflits et des problèmes".

"Il y a des fraudes donc nos voix ne valent rien et, même quand on vote, le gouvernement ne fait rien, c'est pour cela que les gens votent de moins en moins", a déclaré Bilal Sitar, qui s'est aussi abstenu.

Le Kurdistan, qui regroupe trois provinces, est aujourd'hui forcé de renégocier avec le pouvoir de Bagdad qui a coupé court, il y a un an, à ses velléités d'indépendance.

Il faut "ouvrir une nouvelle page après les problèmes du référendum et de la guerre contre le groupe Etat islamique (EI)", défait fin 2017, a plaidé Hawraz Salar, 26 ans, avant de glisser son bulletin dans l'urne d'une école d'Erbil, la capitale du Kurdistan.

En septembre 2017, les Kurdes avaient massivement voté pour la sécession, contre l'avis de Bagdad et de la communauté internationale. En rétorsion, le pouvoir central a aussitôt repris les zones disputées et, surtout, les revenus vitaux tirés du pétrole.

- "S'occuper des pauvres" -

Le rêve d'un Etat en a fait les frais. Erbil, qui a perdu sa mainmise sur l'exportation de 550.000 barils par jour, n'obtient plus désormais qu'environ 12% du budget fédéral --un milliard de dollars par mois.

Cela reste peu pour combler le déficit dans une économie basée sur la rente pétrolière et grevée par un fonctionnariat pléthorique.

De plus, le combat contre les jihadistes a pesé sur les budgets de l'Etat central comme du Kurdistan et plongé le nord de l'Irak dans le chaos durant trois ans.

A Souleimaniyeh, la deuxième ville du Kurdistan, Soran Rassoul, chômeur, a clairement l'économie pour priorité. "Les futures autorités doivent s'occuper des gens et en particulier des plus pauvres".

Selon un récent rapport de l'ONU, 87% des foyers de la région autonome vivent avec moins de 850 dollars par mois.

D'autres, toutefois, comme Karouan Abou Bakr, 42 ans, venu voter à Erbil en habit traditionnel kurde, ont dit vouloir faire revivre l'enthousiasme du référendum aux conséquences pourtant désastreuses.

Il faut, a-t-il affirmé à l'AFP, "un Parlement fort afin qu'il travaille à former un Etat kurde et une société moderne et démocratique".

- Compétition kurde à Bagdad -

Cette année, le scrutin a également une portée particulière car il intervient à la veille de l'élection d'un nouveau président de la République par les députés à Bagdad.

Le candidat du PDK, Fouad Hussein, l'ancien directeur de cabinet de M. Barzani, a récemment multiplié les visites à Bagdad, comme le favori, le Premier ministre du Kurdistan, Barham Saleh (UPK).

Des experts prédisent une hausse du nombre des députés PDK -actuellement première force du Parlement kurde avec 38 sièges- qui pourrait peser sur l'élection à Bagdad.

L'UPK dispose actuellement de 18 sièges. Goran (changement, en kurde) est la principale force d'opposition avec 24 sièges et la seule nouvelle force est "Nouvelle Génération", née en 2018 et qui a remporté quatre sièges au Parlement central lors des législatives de mai.

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