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Le GRU, redoutable service secret russe, expert en cyberattaques

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Le GRU, redoutable service secret russe, expert en cyberattaques

Symbole du GRU, service de renseignement militaire russe.
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Que se cache-t-il derrière le sigle GRU ? La Direction générale des renseignements de l'état-major des forces armées, la plus redoutable des agences d'espionnage de la Russie, particulièrement douée pour mener des cyberattaques partout dans le monde, "éliminer" d'anciens agents russes qui ont trahi, ou faire intervenir ses unités d'élite, les "Spetznaz", lors de conflits extérieurs jugés cruciaux par le pouvoir russe.

4 agents expulsés des Pays-Bas + 7 agents inculpés aux Etats-Unis

Le GRU mérite son nom de service secret plus que d'autres agences mondiales car le grand public ne le connaît pratiquement pas. Cela va changer puisque les Pays-Bas, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Canada et l'Australie viennent de lui mettre sur le dos un grand nombre d'attaques informatiques menées ces dernières années, notamment sur leur sol. Ces pays occidentaux ne se contentent pas d'accuser, ils ont riposté concrètement ce jeudi.

Quatre agents russes, soupçonnés d'avoir organisé des actions de piratage contre le siège de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, situé à La Haye, ont été expulsés par les autorités néerlandaises. De leur côté, les Etats-Unis ont inculpé sept hommes des renseignements militaires russes pour avoir piraté des instances sportives internationales comme l'Agence mondiale antidopage, basée à Montréal, et aussi l'entreprise américaine Westinghouse, qui - comme par hasard - fournit du combustible nucléaire aux centrales ukrainiennes.

Le ministèrebritannique des Affaires étrangères publie sur son compte Twitter une photographie (ci-dessous) des quatre hommes expulsés ce jeudi des Pays-Bas. Ils seraient entrés dans le pays en avril dernier.

Vétéran des guerres en Afghanistan, en Tchétchénie, en Géorgie

Le GRU a beau avoir 100 ans cette année - il a été créé dès 1918 par des dirigeants bolchéviques - il garde donc bon pied sur le terrain international, bon oeil pour espionner tous azimuts. Sonchef actuel, Igor Korobov, peut en être fier, il a survécu alors que son principal rival du temps de l'Union soviétique, le célèbre KGB, a fini par être dissous. A noter que Korobov ne figure pas pour rien sur la liste noire des personnalités russes fortement sanctionnées par les autorités américaines.

L'agence de renseignement de l'armée russe s'est endurcie en envoyant des troupes d'élite sur plusieurs grands théâtres d'opérations militaires, en Afghanistan (conflit qui a duré dix ans, de 1979 à 1989), en Tchétchénie (au cours des deux guerres, de 1994 à 1996, puis de 1999 à 2009), et en Géorgie (en août 2008). Plus récemment, selon les services secrets occidentaux, elle a épaulé les séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine, puis joué un rôle déterminant dans le même pays, afin de parvenir à annexer la péninsule de Crimée. Et en Syrie, les forces du président Bachar al-Assad ont reçu l'aide de soi-disant "conseillers" militaires russes.

Cyberattaque sur cyberattaque depuis trois ans

Ces trois dernières années, le GRU s'est révélé être un maître en cyberattaques. Le Centre national de cybersécurité britannique affirme avoir démasqué plusieurs de ses équipes de pirates derrière des noms de codes comme "Fancy Bear", "Sandworm", "CyberCaliphate", "Sofacy", "BlackEnergy Actors"... Le Royaume-Uni a notamment accusé la Russie d'avoir orchestré l'opération "NotPetya" qui avait infecté des milliers d'ordinateurs à travers le monde en juin 2017. Les Etats-Unis ont dénoncé pour leur part un piratage des ordinateurs du Parti démocrate américain, qui préfigurait une ingérence russe présumée dans la présidentielle américaine de 2016.

Les renseignements britanniques voient également la main du GRU dans la tentative d'empoisonnement au Novitchok de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille le 4 mars dernier à Salisbury, en Angleterre. Des mandats d'arrêts ont été lancés contre deux agents secrets présumés. Il faut savoir que Skripal était justement un ancien colonel des renseignements militaires russes, arrêté en 2006 à Moscou et condamné pour "haute trahison" au profit de Londres. En 2010, il avait fini par être échangé contre des espions russes arrêtés en Occident.