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Cameroun : Paul Biya brigue un septième mandat

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Cameroun : Paul Biya brigue un septième mandat

Cameroun : Paul Biya brigue un septième mandat
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REUTERS/Zohra Bensemra
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Depuis 1982, Paul Biya fait la pluie et le beau temps au Cameroun, construisant et brisant des carrières au gré de ses humeurs et de ses aspirations personnelles.

A 85 ans dont près de 36 au pouvoir, Paul Biya qui brigue dimanche un septième mandat règne en maître absolu sur son pays pourtant confronté à d'importants défis sécuritaires.

Il a tout verrouillé pour assurer son maintien à la tête du pays, s'appuyant sur l'administration et sur un parti-Etat, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) qu'il a créé en 1985. Ses opposants l'accusent de vouloir mourir au pouvoir et lui n'a jamais affiché une quelconque volonté à vouloir s'en passer.

"Le Sphinx" comme on le surnomme au Cameroun en raison de son cynisme et de son goût du secret, est un chef effacé et absent qui contrôle pourtant tout.

L'élection de dimanche se tiendra dans un contexte sécuritaire tendu avec les attaques persistantes des jihadistes de Boko Haram dans le nord du pays, et le conflit armé dans les régions anglophones.

Les principaux candidats d'oppositions

Depuis le début des années 1990, l'opposition à Paul Biya était représentée par John Fru Ndi, son opposant de toujours du parti Social democratic front (SDF, anglophone), qui, à 77 ans, a choisi de se retirer pour "laisser la place aux cadets".

C'est donc un homme d'affaires de 49 ans, Joshua Osih, qui a été désigné candidat du SDF, principal parti d'opposition. Ce métis anglophone originaire de la région du Sud-Ouest est né d'un père camerounais et d'une mère suisse.

Bastions historiques du SDF, les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest sont en proie à une violente crise depuis presque deux ans. Les combats entre séparatistes et soldats y sont devenus quasi quotidiens et la tension grimpe à l'approche de la présidentielle. "J'ai perdu des proches dans cette crise", déclare M. Osih, accusant le président Biya d'être le seul responsable du "chaos" dans ces régions.

Autre candidat de poids : Maurice Kamto, 64 ans président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), qui peut compter sur une forte assise territoriale. Cet ancien ministre délégué à la Justice de 2004 à 2011, avocat au barreau de Paris, a négocié avec succès pour son pays le contentieux territorial avec le Nigeria sur la presqu'île de Bakassi.

Ses partisans estiment que son expérience au sein de l'appareil d'Etat est un atout quand ses détracteurs n'hésitent pas à critiquer son soutien passé à Paul Biya.

L'ancien bâtonnier du Cameroun et fondateur de la branche camerounaise de l'ONG de lutte contre la corruption Transparency International, Akere Muna, fait aussi figure de candidat crédible.

A 66 ans, ce célèbre avocat a une forte légitimité à l'étranger, où il connait de nombreux chefs d'Etat africains en fonction et passés. Mais il a une assise territoriale moindre au Cameroun.

Fondateur d'un mouvement politique, Now!, Muna a été investi par un petit parti d'opposition pour cette élection, le Front populaire pour le Développement (FPD).

Les autres candidats

Derrière, viennent cinq autres candidats moins importants, selon les observateurs :

Cabral Libii, 38 ans, analyste politique connu pour ses interventions sur les plateaux télévisés, utilise son aisance médiatique et pourrait séduire de nombreux jeunes Camerounais.

Garga Haman Adji, de l'Alliance pour la démocratie et le développement (ADD) et arrivé 3e lors de la dernière présidentielle de 2011, est encore sur la ligne de départ en 2018. A 74 ans, ce natif de Maroua (nord) connaît les arcanes du pouvoir : comme Kamto, il a été ministre (de la Fonction publique, entre 1990 et 1992). Ancien directeur de campagne de Fru Ndi en 1992, il s'est présenté en 2004 puis en 2011; il finira troisième de ces deux scrutins.

Serge Espoir Matomba, 38 ans, co-benjamin avec Libii de cette élection, candidat du Peuple uni pour la rénovation sociale (Purs).

Frankline Ndifor Afanwi, pasteur pentecôtiste peu connu qui a lancé son parti, le Mouvement citoyen national camerounais (MCNC), en mai.

Adamou Dam Njoya, 76 ans, ancien vice-ministre puis ministre sous Amadou Ahidjo, se présente à une présidentielle pour la quatrième fois consécutive.

Avec agence