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Brexit : la frontière qui divise Londres et Bruxelles

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C'est un entretien de dernière minute qui n'a pas abouti.

A Bruxelles, Dominic Raab, le ministre britannique en charge du Brexit, et Michel Barnier, le négociateur en chef de l'Union européenne n'ont pas encore réussi dimanche à trouver un accord final sur les conditions du Brexit.

Les deux parties butent toujours sur la question explosive de la frontière irlandaise, le fameux "filet de sécurité" censé éviter une frontière dure entre l'Irlande du Nord et la république d'Irlande.

Un sommet européen crucial

Les discussions se multiplient à l'approche d'un sommet européen qui pourrait être décisif dans le règlement du divorce.

Le conseil européen des 17 et 18 octobre, en grande partie consacré au Brexit, devait initialement marquer la fin des négociations à moins de six mois de la sortie du départ du Royaume Uni de l'Union européenne.

Mais les deux parties semblent plutôt miser sur un nouveau sommet à la mi-novembre pour conclure... si tout se passe bien.

Le sort de la frontière irlandaise toujours en suspend

Londres s'est engagé à ne pas réinstaurer de frontière physique sur l'île d'Irlande, afin de préserver l'accord de paix du Vendredi saint signé en 1998. Mais cet engagement se heurte à sa volonté de quitter le marché unique et l'union douanière européenne, qui rend en théorie inévitables des contrôles des marchandises à la frontière irlandaise.

Mme May propose de maintenir un "arrangement douanier temporaire" entre le Royaume-Uni et l'UE, jusqu'à l'émergence d'une solution pérenne garantissant qu'il n'y aura pas de retour d'une frontière physique.

Mais au sein de son parti conservateur, cette option a été balayée par les eurosceptiques, qui craignent qu'elle ne devienne permanente et empêche la conclusion d'accords commerciaux avec des pays tiers. "Temporaire signifie éternel", a lancé samedi le député Jacob Rees Mogg.

Et du côté de l'UE, les négociateurs veulent à tout prix éviter que le Royaume-Uni ne cherche à obtenir un accès "à la carte" au marché unique et à l'espace douanier européen, sans les obligations qui y sont liées.

Michel Barnier insiste ainsi pour obtenir l'engagement ferme que, faute de meilleure solution lors des négociations sur la relation future entre l'UE et Londres, l'Irlande du Nord seule restera dans l'union douanière et le marché unique.

Mais cette solution créera une nouvelle frontière de fait, cette fois-ci entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni, proteste le petit parti unioniste nord-irlandais DUP, indispensable à la majorité au parlement du gouvernement de Mme May.

Ce serait une "annexion permanente de l'Irlande du Nord, qui sortirait du Royaume-Uni, et nous laisserait pour toujours soumis à des règles écrites sans que nous ayons notre mot à dire", a déploré sa dirigeante, Arlene Foster, dans une tribune publiée samedi par le Belfast Telegraph.

Alliés du parti conservateur, les 10 députés du DUP apportent au gouvernement le complément indispensable pour qu'il dispose d'une majorité absolue au Parlement de Westminster. Le parti est désormais "prêt pour un scénario (de sortie) sans accord", rapporte dimanche The Observer.

Pour dissiper les inquiétudes, une prolongation de la période de transition post-Brexit, pendant laquelle le Royaume-Uni restera dans le marché unique et l'union douanière, aurait été discutée à la table des négociations, selon plusieurs médias britanniques.

Cette transition est normalement censée s'achever fin décembre 2020. La prolonger alourdirait la facture du divorce à régler par Londres, ont déjà mis en garde des élus eurosceptiques du parti conservateur britannique.

avec AFP