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Shinzo Abe se rend en Chine pour sa première visite officielle

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Shinzo Abe se rend en Chine pour sa première visite officielle

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Shinzo Abe est attendu jeudi en Chine pour la première visite officielle d'un Premier ministre japonais depuis 2011, dans un contexte de rapprochement des deux puissances rivales face à la guerre commerciale livrée par les États-Unis.

Ce déplacement s'inscrit dans un long processus de réconciliation, six ans après la nationalisation par l'État nippon d'îles disputées par Pékin, décision qui avait mis le feu aux poudres.

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Dès le lendemain, des manifestations anti-japonaises, parfois violentes, éclataient un peu partout en Chine. Les relations entre les deux pays, déjà dégradées par des contentieux historiques relatifs à la Seconde guerre mondiale, entraient dans une période glaciale.

Il faudra attendre fin 2014 pour que s'amorce un timide dégel, symbolisé par une poignée de mains sans chaleur entre M. Abe et le président chinois Xi Jinping.

Depuis, les deux hommes ont eu d'autres entrevues, toujours en marge de conférences et sommets internationaux. Des visites ministérielles ont eu lieu des deux côtés. Et la rhétorique s'est adoucie, ouvrant la voie à une rencontre bilatérale formelle.

Cette visite signera "un retour à la normale des relations" entre les deux nations, espère Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, qui s'exprimait lundi devant la presse.

- Intérêts économiques communs -

Le ton devrait être cordial en ce 40e anniversaire du Traité de Paix et d'amitié scellé en 1978 par Pékin et Tokyo, alors que la Chine cherche un soutien pour contrer l'avalanche de droits de douane déclenchée par le président américain Donald Trump.

"Il semblerait que la guerre commerciale avec les États-Unis ait contribué à rapprocher un peu" les deux rivaux asiatiques, estime Kristin Vekasi, professeure de sciences politiques à l'Université du Maine (États-Unis) et spécialiste des relations sino-japonaises.

"En ce sens, ils sont dans le même camp, et si le Japon décidait de prendre ses distances" vis-à-vis de son imprévisible allié américain, "peut-être y aurait-il la possibilité de liens plus étroits avec la Chine", ajoute-t-elle.

À l'occasion de ce sommet, Shinzo Abe et Xi Jinping devraient entériner plusieurs accords économiques, avec au programme des investissements communs dans des infrastructures de pays de la région comme l'Indonésie et les Philippines.

Le chef du gouvernement japonais a fait part de son intérêt pour les "Routes de la soie", titanesque programme chinois d'investissements eurasiatiques. Mais M. Abe devrait s'abstenir de s'impliquer directement pour ne pas irriter les États-Unis, selon les experts.

Les deux parties vont donc chercher à accroître leur coopération économique: les entreprises japonaises, en quête de relais de croissance à l'étranger, ont beaucoup à gagner en Chine, tandis que Pékin est intéressé par les technologies et savoir-faire de l'archipel.

"Les deux économies sont tout à fait complémentaires et elles peuvent tirer de grands bénéfices d'un rapprochement en termes d'échanges commerciaux et d'investissements", souligne Mme Vekasi.

- Diplomatie du panda? -

En dehors de ce terrain cependant, les tensions demeurent nombreuses.

La semaine dernière encore, le gouvernement nippon protestait contre une nouvelle incursion de navires chinois aux environs des fameuses îles Senkaku, situées en mer de Chine orientale. Ces territoires sont depuis longtemps administrés par Tokyo, mais revendiqués par Pékin sous le nom de Diaoyu.

Le Japon s'inquiète par ailleurs régulièrement des ambitions militaires et navales de son puissant voisin en mer de Chine méridionale, qui se heurtent aux prétentions d'autres pays riverains (Vietnam, Philippines, Malaisie, Brunei).

Les deux dirigeants vont tout simplement soigneusement éviter les sujets qui fâchent, selon Kazuyuki Suwa, de l'Université de Shizuoka.

"Aucun n'est prêt à faire de compromis. Leur relation est un mélange de coopération et de confrontation, et cela restera ainsi", prédit-il.

Ce sommet a avant tout une portée symbolique, et Shinzo Abe espère repartir avec la promesse d'une visite de son homologue chinois au Japon dès l'an prochain. S'il y parvient, "il faudra y voir un des accomplissements majeurs du voyage", juge M. Suwa.

Sans oublier un possible prêt de panda géant, arme diplomatique qu'affectionne la Chine pour réchauffer les liens. Les zoos de Kobe et de Sendai sont sur les rangs pour accueillir ces corpulents et débonnaires animaux très appréciés au Japon, a rapporté ces derniers jours la presse locale.

Le Premier ministre chinois Li Keqiang, en visite dans l'archipel en mai, avait déjà fait l'honneur à ses hôtes d'un cadeau animalier, une paire d'ibis sauvages arrivés mi-octobre à bon port.

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