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Pakistan: accord pour mettre fin aux manifestations anti-Asia Bibi

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Les manifestants islamistes qui paralysaient le Pakistan depuis trois jours pour protester contre l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi ont annoncé vendredi soir la levée du blocus après un accord avec le gouvernement.

"Les chefs du parti ont annoncé la fin des manifestions de protestation dans le pays. Les participants ont été priés de se disperser pacifiquement", a déclaré à l'AFP un porte-parole du parti Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), Pir Ijaz Qadri.

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Le ministre des Affaires religieuses Noor-Ul-Haq Qadri a confirmé à la chaîne GEO que les négociations avaient abouti et qu'un accord avait été signé.

Selon Fayazulhasan Chohan, porte-parole du gouvernement de la province du Pendjab, les manifestants vont se retirer dans la soirée et rouvrir les routes qui étaient bloquées.

L'accord passé entre les deux parties est composé de cinq points, selon un exemplaire vu par l'AFP.

Il prévoit notamment que le gouvernement ne s'oppose pas au dépôt d'une requête en révision du jugement de la Cour suprême au sujet d'Asia Bibi et qu'il initiera une procédure visant à inscrire son nom sur une liste de personnes empêchées de quitter le territoire.

L'avocat de Mme Bibi, Saif-ul-Mulook, a indiqué à l'AFP qu'il entendait à nouveau défendre sa cliente face à la requête en révision. Selon lui, Mme Bibi "est toujours en prison" et ne peut quitter le pays avant l'examen de la requête. Son séjour en prison pourrait s'en trouver prolongé d'autant.

Plusieurs groupes religieux avaient appelé à des manifestations vendredi après la prière pour protester contre l'acquittement mercredi de la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort en 2010 pour blasphème, un sujet très sensible au Pakistan.

A Islamabad, quelque 5.000 personnes se réclamant de partis religieux s"étaient rassemblées dans l'après-midi, appelant à la pendaison d'Asia Bibi et des juges qui l'ont acquittée, qualifiés eux aussi de "blasphémateurs", a constaté l'AFP.

"Libérer Asia est un premier pas vers une abrogation de la loi sur le blasphème au Pakistan. L'Occident a toujours essayé de modifier cette loi mais nous résisterons", a lancé un orateur devant la foule.

La plupart des rassemblements sont menés par le parti radical Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), connu pour sa ligne particulièrement dure en matière de blasphème.

Le TLP avait déjà bloqué l'accès à Islamabad pendant plusieurs semaines en novembre 2017 pour des motifs également liés au blasphème, et obtenu la démission du ministre de la Justice.

Tous les grands axes et autoroutes du pays sont restés fermés au trafic vendredi, tandis que la circulation a semblé réduite sur les routes secondaires, beaucoup de gens ayant préféré rester chez eux.

- Khan en Chine -

De nombreux commerces et écoles sont restés fermés et le réseau mobile a été coupé une bonne partie de la journée dans les grandes villes.

L'atmosphère a été encore alourdie dans la soirée par l'annonce de l'assassinat d'un influent mollah octogénaire, Sami ul-Haq, connu pour ses ses liens étroits avec les talibans afghans et dont le parti est un allié de celui du Premier ministre Imran Khan.

Ce dernier a condamné le meurtre et ordonné une enquête depuis Pékin, où il est allé négocier l'octroi d'une aide financière de plusieurs milliards pour le Pakistan, selon ses services.

M. Khan avait vivement critiqué mercredi les extrémistes, les prévenant que l'Etat ne "tolèrerait pas le sabotage" et "prendrait ses responsabilités" si nécessaire.

De nombreux Pakistanais ont salué ce ton de fermeté mais s'inquiètent de voir le chaos s'installer et les autorités hésiter à intervenir.

L'un des chefs de file des manifestants avait appelé mercredi au meurtre des juges de la Cour suprême et à la mutinerie dans l'armée, poussant cette dernière à entrer dans le jeu vendredi.

"Il s'agit d'une affaire judiciaire et l'armée n'a rien à voir avec cela. (...) Ne nous entraînez pas dans ce genre d'affaires", a déclaré son porte-parole Asif Ghafoor.

"Nous tolérons des remarques contre nous, mais des actions peuvent être prises conformément à la loi et à la Constitution", a-t-il noté. "Ne nous forcez pas à entrer en action", a-t-il dit, ajoutant qu'il espérait une résolution "pacifique".

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