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A la frontière turque, les Kurdes syriens craignent une nouvelle offensive d'Ankara

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A la frontière turque, les Kurdes syriens craignent une nouvelle offensive d'Ankara

A la frontière turque, les Kurdes syriens craignent une nouvelle offensive d'Ankara
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Dans le nord syrien, un projectile est tombé sur la maison de Chimo Osmane et, depuis, ses enfants ne vont plus à l'école. A quelques mètres seulement de la frontière turque, les villages de la communauté kurde redoutent une nouvelle offensive d'Ankara.

Ces derniers jours, l'armée turque a mené des frappes d'artillerie contre des positions militaires tenues par la principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du Peuple (YPG), tandis que le président turc Recep Tayyip Erdogan brandit la menace d'un nouvel assaut.

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Ankara refuse catégoriquement l'autonomie de facto instaurée par la minorité kurde sur les territoires à sa frontière, dans le nord et le nord-est syrien, craignant que cela n'exacerbe les velléités séparatistes des Kurdes vivant sur son propre territoire.

Niché au milieu des champs d'oliviers dans la région de Kobané, le village d'Achma surplombe les drapeaux turcs de la ligne de démarcation, les grillages en fer et les barils remplis de gravats qui séparent les deux pays.

Ici, comme dans les autres localités du secteur, les rues sont désertes.

"On ne peut plus aller sur le toit, on ne sort plus de la maison, les enfants ont peur", lâche Chimo Osmane, qui se tient sur le perron de sa villa avec ses cinq enfants.

Le père de 38 ans, au teint halé, assure que les forces turques postées de l'autre côté de la frontière peuvent à tout moment "ouvrir le feu" sur Achma.

Le deuxième étage de sa maison a d'ailleurs été visé par un tir: depuis, l'un des murs arbore un trou béant. Dans le village, les façades des maisons sont toutes criblées d'impacts de balles.

- "Anéantir notre présence" -

A certains endroits de la frontière, un imposant mur en béton surmonté de fil barbelé s'étend sur des kilomètres, au milieu du paysage vallonné.

Les bombardements à l'artillerie de l'armée turque ont visé ces derniers jours des positions des YPG dans les régions de Kobané et Tal Abyad, tuant cinq combattants kurdes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Alliés de Washington, les YPG sont l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition kurdo-arabe engagée dans l'est syrien dans une offensive contre le groupe Etat islamique (EI).

Après les bombardements turcs, les FDS ont annoncé fin octobre la suspension temporaire de leurs opérations contre l'EI, qui leur a infligé de meurtrières contre-attaques. Depuis septembre, d'intenses combats ont déjà tué plus de 330 combattants kurdes.

Mardi, dans le cimetière de Kobané, des centaines de personnes participaient aux funérailles d'un combattant des YPG, mort durant l'offensive que menaient les Kurdes dans l'est.

Penchées sur le cercueil décoré d'un bouquet de fleur, des femmes aux visages ridés pleuraient le défunt, tandis que des hauts-parleurs entonnaient des chants kurdes à la gloire des combattants.

En hommage à la victime, une parade militaire a été organisée, devant un imposant monument aux morts. Sur une tribune, des responsables kurdes dénonçaient les frappes turques.

"L'Etat turc est hostile au peuple kurde et nous avons le droit de riposter à toute attaque", s'est insurgé auprès de l'AFP un responsable local de Kobané, en charge des questions militaires, Esmat Cheikh Hassan.

"Ils ne font pas la différence entre militaires et civils, ils frappent les villages avec des habitants", a-t-il martelé.

Ankara assure ne pas viser les civils et prendre uniquement pour cible les positions militaires des YPG.

Hamo Masibkeradi, venu assister aux funérailles, montre du doigt les rangées de tombes en marbre blanc: ce sont celles de combattants kurdes tués dans la lutte contre l'EI.

"Ces martyrs sont tombés pour l'Humanité. La communauté internationale doit coopérer avec nous", martèle le sexagénaire. "Erdogan veut anéantir notre présence", affirme-t-il. "Les Etats-Unis ne doivent pas accepter cette injustice".

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