Syrie: une force kurdo-arabe annonce reprendre son offensive contre l'EI

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La force kurdo-arabe soutenue par la coalition internationale antijihadistes a annoncé dimanche reprendre son offensive contre le groupe Etat islamique (EI) dans l'est syrien, dix jours après l'avoir subitement suspendue en raison des tensions avec la Turquie dans le nord du pays.

Evoquant des "contacts intensifs" avec la coalition emmenée par les Etats-Unis et un engagement diplomatique pour "désamorcer la crise" avec Ankara, les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont indiqué dans un communiqué avoir décidé de "reprendre les opérations militaires" contre l'EI afin d'"oeuvrer à sa défaite définitive".

"Tout en réitérant notre détermination à pourchasser le terrorisme, nous soulignons tout autant notre volonté de protéger les frontières du nord syrien", a mis en garde l'alliance kurdo-arabe.

Cette annonce des FDS intervient après une poussée de fièvre entre les Kurdes de Syrie et la Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan allant jusqu'à menacer, le 30 octobre, de lancer une nouvelle offensive contre les combattants de cette communauté.

L'armée d'Ankara pilonnait alors, dans le nord syrien, des positions militaires de la principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG).

Ces combattants sont la colonne vertébrale des FDS, qui avaient en réaction annoncé le 31 octobre la suspension de leur offensive contre l'ultime réduit de l'EI dans l'est syrien.

Ces vives tensions ont mis dans l'embarras les Etats-Unis: les FDS sont un partenaire-clé de Washington dans la lutte antijihadistes, tandis que la Turquie est un allié stratégique au sein de l'Otan.

- "Désescalade" -

Après l'arrêt de l'offensive anti-EI, la coalition internationale avait ainsi annoncé être en contact avec la Turquie et les FDS pour une "désescalade".

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des représentants de la coalition ont assuré aux forces kurdes que l'armée d'Ankara ne mènerait plus de bombardements dans ses territoires du nord de la Syrie.

Depuis vendredi, ce secteur n'a de fait enregistré aucun pilonnage, d'après l'Observatoire.

Depuis la fin octobre, l'ONG s'appuyant sur un vaste réseau de sources dans le pays en guerre rapportait des bombardements quasi-quotidiens dans les régions de Kobané et Tal Abyad, qui ont tué cinq combattants kurdes selon elle.

Pour désamorcer les tensions, les forces américaines ont notamment lancé le 4 novembre des patrouilles dans les territoires kurdes bombardés par Ankara.

La Turquie continue toutefois de refuser catégoriquement l'autonomie de facto instaurée par la minorité kurde sur les territoires à sa frontière, dans le nord et nord-est syrien. Elle craint que cela n'exacerbe les velléités séparatistes des Kurdes sur son propre territoire.

La minorité kurde en Syrie, opprimée des décennies durant par le pouvoir de Damas, a profité du conflit qui ravage le pays depuis 2011 pour instaurer dans ses zones une administration semi-autonome qui dispose de ses propres forces de sécurité et de ses propres institutions locales.

- "Contre-attaques" de l'EI -

Depuis 2016, Ankara a déjà mené deux opérations contre les forces kurdes en Syrie, la dernière contre l'enclave frontalière d'Afrine (nord-ouest), conquise en mars et aujourd'hui contrôlée par des rebelles syriens pro-Ankara.

Dans l'est syrien, où se trouve le dernier réduit de l'EI, non loin de la frontière irakienne, l'OSDH a affirmé que les manoeuvres offensives des FDS n'avaient pas encore repris, mais l'ONG a rapporté le déploiement de nouveaux renforts.

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Ces derniers jours, malgré l'arrêt des combats au sol, la coalition internationale continuait de mener des raids aériens sur ce réduit, tuant des dizaines de jihadistes mais aussi faisant des victimes collatérales parmi les civils, selon l'OSDH.

Les combattants des FDS avaient lancé en septembre cette offensive contre la poche de l'EI qui englobe notamment les localités de Hajine, Soussa et Al-Chaafa.

Juste avant d'interrompre leur offensive, ils avaient essuyé de durs revers face à des contre-attaques des jihadistes, qui avaient pris avantage de mauvaises conditions climatiques.

L'antagonisme entre la Turquie et les Kurdes syriens illustre la complexité de la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011 et a fait plus de 360.000 morts.

Déclenché avec la répression par le régime de Bachar al-Assad de manifestations pro-démocratie, le conflit s'est élargi avec l'apparition de groupes rebelles armés, d'organisations jihadistes, mais aussi l'implication de puissances étrangères.

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