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Coupe Davis: le management si spécial de Noah

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Coupe Davis: le management si spécial de Noah

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Unique, forcément. Déroutant parfois, n'hésitant pas à faire des choix audacieux, laissant planer l'incertitude jusqu'au bout, Yannick Noah a imprimé un style particulier de management à la tête de l'équipe de France de Coupe Davis depuis trois ans. Une méthode qui détone mais qui fonctionne.

La question revient continuellement sur les tables des conférences de presse quand les joueurs français y posent leurs coudes : "Mais comment faites-vous sans savoir?". Ils se sont habitués à y répondre. Ils s'adaptent. Ils n'ont pas vraiment le choix.

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C'est l'une des pierres angulaires du fonctionnement de Noah: laisser les joueurs dans le doute, sans officiellement les assurer d'une sélection. Et prévenir au dernier moment de ses choix. Quitte à ce qu'il y ait un peu de casse.

- Rudesse -

L'année dernière, lors de la semaine de préparation de la finale face à la Belgique, Julien Benneteau et Nicolas Mahut n'ont pas vu venir leur mise à l'écart. Pierre-Hugues Herbert, handicapé par un lumbago au début de la semaine en question, semblait hors-jeu. Mais le capitaine a surpris son monde le jour de l'annonce en choisissant d'associer Richard Gasquet et Herbert. Les larmes de Benneteau le lendemain au moment de l'hymne ont tout raconté de la rudesse d'un tel choix pour les recalés.

Mais si les joueurs ont pu être surpris au début, ils ne le sont plus trois saisons plus tard.

"C'est la troisième année qu'on a Yannick comme capitaine. On est prêts à tout. Celui qui veut prévoir ce qui se passe, il n'a rien compris. Il faut se préparer, être prêt à jouer et à ne pas jouer", avait parfaitement résumé Herbert lors du Masters 1000 de Paris.

Avant l'élimination de tous les joueurs français à Bercy, soit trois semaines avant la finale, aucun joueur n'avait été prévenu. Ils ne l'ont été que la veille de l'annonce. "Il nous a envoyé un message (...), comme à chaque rencontre finalement", a raconté Mahut à Paris.

Il y a aussi la face un peu plus raide de Noah, comme l'illustre sa relation avec Gaël Monfils.

Noah a disputé la Coupe Davis dans les années 70-80 à une époque où cette compétition représentait le Graal pour les joueurs. Il a du mal à comprendre la distance de certains joueurs de la nouvelle génération avec cette compétition, lui qui entretient une relation si particulière avec elle (trois victoires en tant que capitaine). Lorsqu'en septembre 2016, Monfils a jeté l'éponge au dernier moment avant la demi-finale face aux Croates à Zadar, officiellement après avoir chuté dans un escalier, quelque chose s'est rompu entre les deux hommes. Et la rancune semble être tenace chez Noah. Car depuis, +la Monf+ n'a plus jamais été rappelé.

- Côté Didier Deschamps -

Il y a aussi un côté Didier Deschamps dans sa façon de faire. Le capitaine a très souvent privilégié la cohésion de groupe, se souciant peu du classement mondial dans ses choix, quitte, là encore, à nourrir quelque sentiment d'injustice chez certains. Gilles Simon, par exemple, ne sera pas à Lille dans une semaine alors qu'il occupe le rang de N.3 français, et que le N.1, Gasquet, est forfait. Un fonctionnement dû aussi au fait qu'aucun joueur tricolore ne s'est vraiment imposé par ses résultats cette saison.

Pas un très grand suiveur du circuit, en tout cas physiquement, Noah se fie beaucoup à ses "sensations" et assume sa proximité avec ses joueurs. Il leur parle beaucoup, leur soumet des séances de relaxation qu'il dirige, s'investit à fond sur sa chaise lors des matches. Une méthode qui connaît parfois des ratés. Il l'avait d'ailleurs reconnu après la défaite de Lucas Pouille face au Serbe Dusan Lajovic (alors 80e) en demi-finale en septembre 2017 : "Je lui ai refilé mon stress", avait-il confié.

Mais Noah sait aussi transmettre les secrets du succès. Il a par exemple réussi à extirper Benneteau de sa retraite pour l'aligner face aux Espagnols en demi-finale mi-septembre. Et "Bennet'" a joué l'un des meilleurs doubles de sa carrière. Pouille a lui remporté ses trois matches de Coupe Davis cette saison alors qu'il ne sait plus gagner ou presque sur le circuit. Et il a qualifié deux fois d'affilée la France en finale. La recette fonctionne.

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