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Bébés génétiquement modifiés : le chercheur chinois défend ses travaux

Le scientifique chinois He Jiankui, lors d'un sommet à Hong Kong
Le scientifique chinois He Jiankui, lors d'un sommet à Hong Kong
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Face aux critiques et au scepticisme, He Jiankui a tenu à défendre son travail. Ce scientifique chinois a affirmé en début de semaine avoir fait naître des jumelles génétiquement modifiées, surnommées Lulu et Nana. Si cette annonce est confirmée, il s'agirait d'une première mondiale.

Lors d'un sommet sur la génétique à Hong Kong ce mercredi, le chercheur a déclaré que ses recherches pourraient profiter à des millions de personnes dans le monde entier.

"Ces gens ont besoin d'aide, nous devons montrer de la compassion pour ces millions de familles qui souffrent de maladies héréditaires ou infectieuses. Si nous possédons la technologie, nous pourrons la rendre disponible au plus tôt, et ainsi aider plus de personnes.", a-t-il affirmé.

He Jiankui aurait modifié l'ADN des deux bébés, pour les rendre résistants au virus du Sida.

Vidéo du Laboratoire Jiankui He

Les modifications génétiques pourraient permettre de lutter contre certaines maladies héréditaires. Elles sont toutefois extrêmement controversées, comme l'a expliqué à Euronews Joyce Harper, professeure de science reproductive à l'University College de Londres.

"Le plus inquiétant c'est ce qu'on appelle les effets "hors cible", qui font que d'autres parties du génome sont affectées, explique-t-elle. On ne sait vraiment pas ce que cela peut avoir comme conséquence pour la personne qui va naître. Nous ne sommes pas prêts scientifiquement et nous ne sommes pas prêts éthiquement. Nous devons avoir un débat de société pour savoir si nous voulons utiliser cette méthode assez stupéfiante pour concevoir nos futurs enfants ".

"Ce genre d'évènement pourrait se reproduire"

La Chine cherche à devenir un leader de la recherche génétique et du clonage, et les zones grises de la législation locale ont ouvert la voie à des expérimentations parfois controversées.

" Les gens veulent à tout prix continuer les recherches, continuer de gagner de l'argent et de faire des découvertes. Donc en combinant ces différents facteurs, je dirais que ce genre d’évènement pourrait se reproduire ", estime Fang Gang, professeur assistant de biologie à l'Université NYU de Shangai.

Beaucoup de scientifiques se déclarent sceptiques quant aux allégations de M.He, car ses travaux n'ont pas été vérifiés de façon indépendante.

La Chine a ordonné une enquête pour vérifier les affirmations du chercheur.

L'Université de sciences et technologie du Sud, l'établissement de M. He, l'a également désavoué, en affirmant que le chercheur était depuis février en congé sans solde, et s'est dite "profondément choquée".

He Jiankui a, de son côté, annoncé faire une pause dans ses essais.