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Langues étrangères et sciences techniques, matières phares en Russie

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Langues étrangères et sciences techniques, matières phares en Russie

Langues étrangères et sciences techniques, matières phares en Russie
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Dans ce nouveau numéro de notre magazine Learning World, nous sommes en Russie pour voir en quoi l'éducation préscolaire et scolaire sur place est différente de celle des pays européens et comment elle met l'accent sur les langues étrangères et les sciences techniques.

Nous découvrons le monde dès les tout premiers stades de notre vie et dès l'âge de trois ans, l'apprentissage devient particulièrement crucial. Des spécialistes estiment que les connaissances acquises avant d'entrer à l'école primaire déterminent largement nos futurs choix de carrière et activités sociales.

Parmi elles, l'apprentissage des langues étrangères et des nouvelles technologies. Et en la matière, les approches sont très diverses d'un pays à l'autre.

"Apprendre trois, voire quatre langues ne pose pas de problème"

Notre reporter Sergey Shcherbakov est à Moscou pour découvrir des écoles multilingues qui deviennent de plus en plus populaires. Janna Sugak dirige l'une d'entre elles, l'école maternelle "Clé en or" : "À partir de trois ans, on n'apprend pas une langue étrangère en faisant du bourrage de crâne, cette approche ne marche pas vraiment," fait-elle remarquer. "On doit créer une situation où on joue un rôle, créer un environnement linguistique qui soit adapté à la compréhension des enfants : c'est comme cela qu'ils seront réactifs et qu'ils sentiront qu'ils sont au même niveau que les adultes," estime-t-elle.

En s'initiant à deux langues étrangères, les enfants découvrent d'autres cultures et stimulent leur activité cérébrale.

Il existe déjà plus de 8500 établissements préscolaires et scolaires de ce type en Russie et à travers le monde.

Alexander Adamsky, de l'Institut de politique éducative “Eureka”, nous décrit leur particularité : "Nous avons développé notre propre méthodologie qui peut être reprise partout. Apprendre trois, voire quatre langues étrangères ne pose absolument aucun problème," assure-t-il. "De plus, cela renforce leur volonté d'étudier d'autres sujets," poursuit-il. "Par exemple, le matin, c'est anglais ; ensuite, les cours de danse ou de théâtre se font en français et à la fin de la journée, les enfants jouent en parlant une troisième langue," précise-t-il.

Robotique et coding

Qu'en est-il de l'apprentissage des sciences et des technologies ? Notre reporter Sergey Shcherbakov se rend ensuite à Kaliningrad pour visiter l'un de ce que l'on appelle les "Kvantorium". "Un centre périscolaire où les enfants se familiarisent avec la robotique, le coding et bien d'autres choses encore : c'est gratuit et accessible à tous," souligne notre journaliste.

Ce programme "Kvantorium" a été lancé en Russie il y a deux ans et s'adresse à tous les enfants dès l'âge de 11 ans. Il n'y a aucune sélection à l'entrée. Aujourd'hui, il regroupe plus de 80 centres dans tout le pays et 100.000 enfants les fréquentent de manière régulière.

"On devait créer un guide robot pour un musée de notre ville, alors on a fabriqué un prototype et maintenant, on doit corriger les bugs," indique le jeune Gosha, 12 ans.

"Les enfants doivent mener leur projet eux-mêmes"

Les enfants travaillent en groupe sur des réalisations souvent ambitieuses comme un distributeur automatique destiné aux sans-abris qui peuvent y retirer des produits d'hygiène ou de la nourriture grâce à une carte donnée par les services sociaux ou encore de drôles de lunettes qui aident les personnes mal-voyantes à éviter les obstacles dans la rue.

"Les tuteurs sont là simplement pour donner la bonne direction : les enfants doivent mener leur projet eux-mêmes du début jusqu'à la fin," assure l'une des tutrices.

"Kvantorium" prend aussi la forme d'une caravane orange : "Il s'agit d'un Kvantorium mobile qui peut s'installer dans des zones isolées pour que les enfants qui sont sur place puissent eux aussi avoir accès aux nouvelles technologies," précise notre reporter.

"Notre programme d'éducation Kvantorium n'a aucun équivalent ailleurs dans le monde," assure Marina Rakova, fondatrice du réseau des technoparcs "Kvantorium". "Nous avons des demandes de transfert de ce programme provenant de 20 pays et donc, avec le gouvernement russe via l'Agence fédérale Rossotrudnichestvo, nous avons prévu d'envoyer deux Kvantorium mobiles à l'étranger en 2019," fait-elle savoir.