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Certains "gilets jaunes" ont la rage contre Macron et se radicalisent

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Certains "gilets jaunes" ont la rage contre Macron et se radicalisent

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Marianne, l'icône de la République française, a encore des étourdissements après avoir été si secouée et meurtrie ce week-end. Les violences ont fait en tout 263 blessés dans l'Hexagone, dont 133 à Paris. 412 personnes ont été interpellées au cours de la mise à sac de la capitale, dont 378 restent en garde à vue : 139 commencent à être présentées ce lundi en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Paris. Cinq audiences sont prévues, au lieu de trois d'habitude.

Ces interpellations sont peu nombreuses vis-à-vis du nombre important des casseurs, plusieurs milliers. Qui sont-ils exactement ? Il est difficile de le dire avec précision mais cette fois, on ne peut pas généraliser comme l'a fait le ministre français de l'Intérieur, Christophe Castaner, en parlant de "professionnels de la casse". Le préfet de police, Michel Delpuech, l'a contredit, expliquant que d'authentiques "gilets jaunes" se radicalisent petit à petit, par "désinhibition" ou "effet d'entraînement", a-t-il expliqué.

La rage contre Macron gagne les "gilets jaunes"

Le procureur de Paris, Rémy Heitz, a pour sa part dressé un premier profil de ces casseurs "de circonstance". Ce sont surtout des hommes d'une trentaine ou d'une quarantaine d'années, qui viennent en général de province et sont plutôt bien insérés socialement. Ils n'ont pas d'idées politiques extrémistes et ne sont vraiment pas des spécialistes des émeutes.

Une grande majorité de "gilets jaunes" sont toutefois pacifistes et ne cessent de dénoncer la violence gratuite, qui dessert bien évidemment leur cause. Dans les rangs des protestataires de la première heure, certains expliquent que cette rage est certainement déclenchée par l'obstination du président, Emmanuel Macron.

Extrémistes de droite et de gauche, des pros de la violence

Le plus gros des ultra-violents, de plus en plus nombreux et organisés, appartient aux deux extrêmes,de droite comme de gauche. L'Action française et le groupuscule d'ultradroite Bastion social ne se cachent pas d'ailleurs, et arborent leurs insignes. Les militants d'extrême-droite sont là pour "casser du flic" - on a pu voir quelques scènes choquantes -, et sont tout à fait entraînés pour mener une guérilla urbaine, monter des barricades, jeter des pavés, des boulons et des billes en acier sur les forces de l'ordre, incendier des voitures...

Les militants d'extrême-gauche ne sont pas en reste. Ils se sont également violemment affronté aux policiers, ont incendié des magasins et laissé des traces un peu partout sur les murs, même sur un symbole national, l'Arc de Triomphe de Paris. Le tag ACAB ("All Cops are Bastards") - en français : "Tous les flics sont des salauds" - est utilisé normalement par les hooligans anglais; il a été repris par l'ultragauche et les manifestants anti-capitalistes français.

Plusieurs centaines de milliers d'euros de dégâts dans le musée à l'intérieur de l'Arc de Triomphe. Philippe Bélaval, le président du Centre des Monuments Nationaux, détaille les destructions sur son compte Twitter : entre autres, un buste en marbre de Napoléon décapité, le moulage de la Victoire, issu d'un monument en pierre sculpté par François Rude, détruit...

Il faut ajouter au sombre tableau quelques petites bandes de jeunes délinquants qui sont arrivées à la fin de la bataille. De source policière, elles ont notamment sévi sur la place de la Bastille et près des Champs-Elysées. Ces voyous ont parfois participé pour mettre le feu à des commerces, mais ils étaient surtout là pour se servir en pillant des magasins d'alimentation et autres boutiques de luxe.