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Brexit : Theresa May affaiblie au parlement britannique

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Le début de cinq jours de débats au Parlement britannique sur le Traité de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne a été retardé mardi par une polémique provoquée par le refus du gouvernement de publier l'intégralité d'un avis juridique.

Les députés ont estimé à 311 voix contre 293 que l'exécutif de la Première ministre Theresa May avait commis un "outrage au Parlement" en refusant de publier l'intégralité d'un avis juridique sur l'accord de Brexit, âprement négocié durant 17 mois avec Bruxelles.

Coup dur pour le gouvernement

Face à ce nouveau coup dur, le gouvernement conservateur a immédiatement fait amende honorable. La ministre chargée des Relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, a promis que "l'avis final et complet" rédigé par l'Attorney General (ministre chargé de conseiller juridiquement le gouvernement) serait publié mercredi.

Theresa May en minorité

Ce nouvel épisode intervient dans une atmosphère déjà électrique à la Chambre des Communes. L'opposition travailliste, les europhiles du Parti libéral-démocrate et les députés écossais indépendantistes s'opposent à l'accord de divorce négocié par la Première ministre, qui affronte aussi l'hostilité de son allié nord-irlandais, le petit parti unioniste DUP, et de députés conservateurs favorables à une rupture franche avec l'UE.

Selon notre correspondant à Londres, cela signifie que Theresa May "dirige actuellement un gouvernement minoritaire, et il pourrait sérieusement y avoir un vote de confiance à l'égard de son gouvernement dans les prochains jours, car les gouvernements ne devraient pas perdre des votes comme celui-ci, surtout pas avant des votes cruciaux à venir". Le Labour compte déclencher une motion de défiance si Theresa May échoue à faire adopter le texte. Mme May affronte en outre certains eurosceptiques de son propre camp, qui voudraient aussi la renverser.

Pour autant, la Première ministre britannique continue de défendre l'accord et affirme qu'en cas d'échec au Parlement, un départ de l'UE sans accord pourrait survenir, avec de lourdes conséquences pour l'économie britannique. Elle a aussi averti qu'il pourrait bien ne pas y avoir de Brexit du tout.

Le référendum de juin 2016, remporté à 52% par le camp du "Leave", a laissé le pays profondément divisé. Et après des mois de discussions, le texte conclu avec l'UE laisse les deux camps frustrés.