A coeur de la manifestation des gilets jaunes

A coeur de la manifestation des gilets jaunes
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Notre correspondante à Paris Anelise Borges a suivi ce week-end des gilets jaunes durant leur déplacement à Paris pour manifester contre la vie chère.

Malgré l'éloignement, les risques de violences, et en dépit des appels au calme lancé par les autorités, ces Français en colère ont fait le voyage depuis Rennes, en Bretagne. Pour faire entendre leur voix coûte que coûte à l'occasion de cette quatrième journée nationale de mobilisation.

500 kilomètres plus tard le bus breton arrive enfin à Paris. Entre fatigue et inquiétude.

Sur place, les manifestants sont attendus de pied ferme. Place de l'étoile un important dispositif de sécurité est déjà en place.

Le groupe de Bretons ne sait pas comment tout cela va finir. Ils se préparent au pire tout comme les forces de l'ordre échaudée après les scène de chaos observées une semaine plus tôt.

Les manifestants ne vont pas attendre longtemps avant de recevoir les premiers tirs de gaz lacrymogène.

Le face à face avec les policiers va devenir pesant. Aux alentours, des centaines de manifestants vont se faire interpeller.

Hormis leurs gilets jaunes, la plupart des manifestants venus à Paris ne portaient aucune protection particulière. Echarpes ou lunettes de ski étaient inefficaces contre les gaz ou les flashball lancés par les policiers.

Et rapidement, on dénombre les premiers blessés. Il y en aura 71 au total selon le bilan fournit par le ministère français de l'Intérieur.

La plupart des blessés ont été hospitalisés mais aucun n'était en urgence absolu ont indiqué les autorités sanitaires. Parmi les personnes hospitalisées on décomptera plusieurs journalistes dont deux photographes du Parisien sérieusement atteints.

Notre correspondance fait la comparaison avec la manifestation de la semaine précédente : les conditions ne sont plus les mêmes. Samedi, les policiers sont allés rapidement au contact des manifestants.

La seule chose qui n'a pas changé, note Anelise Borges, ce sont les slogans qui ont été lancés pour demander la démission d'Emmanuel Macron.

Notre envoyée spéciale va également constater les débordements qui vont rapidement dégénérer. Des groupes de gilets jaunes vont commencer à piller commerces et mobilier urbain.

Des actes de vandalisme dénoncés par certains manifestants mais d'autres ont justifié ces violences au nom de la colère sociale revendiquée par les gilets jaunes de la première heure.

Après cette nouvelle journée de violence, c'est l'heure du bilan pour le groupe de Bretons venus spécialement à Paris. Ils ont déjà décidé qu'ils ne reviendront pas la semaine prochaine dans la capitale.

Tous attendent à présent le message du président français et ses propositions pour sortir de cette crise sociale, sans précédent.