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Le Kent attend maintenant le Brexit

Le port de Douvres est l'un des portes d'entrée commerciales au Royaume-Uni
Le port de Douvres est l'un des portes d'entrée commerciales au Royaume-Uni -
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REUTERS/Toby Melville
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Situé dans le sud-est de l'Angleterre, le comté du Kent est la porte d'entrée commerciale sur l'Union européenne. Grâce au tunnel sous la manche, déjà, puis à ses deux principaux ports : Folkestone et Douvres. Dans ce dernier, ce sont pas moins de 180 kilomètres du trafic de fret qui passent tous les jours.

En 2016, le comté du Kent a voté en faveur du Brexit. Mais les tergiversations politiques de ces derniers mois pourrait mener vers un non accord. Un événement qui serait vécu comme un coup dur pour cette région britannique. Ici, l'enjeu économique du Brexit est une préoccupation du premier ordre.

Nous essayons de nous préparer à toutes les éventualités en cas de Brexit mais aussi en cas de perturbation future des ports.

Paul Carter Président du conseil du Comté du Kent

Le président du conseil du comté, le conservateur Paul Carter, met en garde contre un désordre dans les ports du Kent, qui pourrait coûter près de 300 millions de livres par semaine : "En 2015, nous avons eu deux semaines de grandes perturbations lorsque les contrôles frontaliers à Calais ont failli. Il y avait des demandeurs d'asile sur les voies de chemin de fer. Cela a provoqué des troubles du côté français et dans les ports de Douvres et de Folkestone. L'économie britannique a été perturbée ainsi que le réseau routier du Kent. Nous essayons de nous préparer à toutes les éventualités en cas de Brexit mais aussi en cas de perturbation future des ports."

Le conseil du comté a rédigé un rapport de 17 pages, dans lequel il détaille ses plans en cas de non accord. Il y montre une image sinistre de l'impact potentiel sur les services locaux. Dans le document, on estime à 10 000 les camions qui seraient bloqués au quotidien. L'engorgement du trafic pourrait tout paralyser, des examens scolaires à la collecte des déchets.

Un rapport alarmiste ?

Et lorsque l'on interroge Paul Carter sur le côté "alarmiste" du rapport, il répond : "Ne me dîtes pas que nous sommes alarmistes. Cela s'est produit par le passé. Ce rapport essaie de mettre en oeuvre les politiques qui permettront d'éviter ce désordre."

Alors que les débats autour du Brexit continue dans la sphère politique britannique, les habitants du Kent sont certains de ce qu'ils souhaitent voir se passer.

"J'ai voté en faveur du Brexit. Je ne veux pas d'un autre référendum, ce serait injuste, s'offusque Maureen Johnson. Ils doivent continuer et faire ce qu'ils sont censés faire... nous faire sortir, arrêter l'immigration parce que nous sommes surpeuplés maintenant, c'est incroyable".

Même ceux qui ont voté contre le Brexit, appelle maintenant à une accélération du processus. "En tant que pays, nous avons voulu que quelqu'un prenne une décision depuis le vote, mais ils ont perdu le contrôle, a expliqué Andrew Aymes, un ingénieur en communications et technologies. Économiquement, je ne pense pas que le pays puisse avancer tant qu'une décision n'est pas prise. Et nous avons déjà voté pour sortir".

Le Kent, comme le reste du Royaume-Uni, attend maintenant le prochain retournement de ce long processus du Brexit. Un retournement que tout le monde essaie déjà de deviner.