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Top 14: Stade Français, premières vagues

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Des joueurs historiques frustrés, des supporters frondeurs, des changements au sein de l'encadrement: le Stade Français vit ses premières turbulences depuis son rachat à l'été 2017 par Hans-Peter Wild et l'arrivée un an plus tard du directeur sportif sud-africain Heyneke Meyer.

Si tout va bien au plan sportif avec une 4e place en Top 14, la coulisse est beaucoup plus agitée: le club parisien s'est offert une crise ouverte jeudi dernier avec les mises à l'écart de l'Allemand Robert Mohr, directeur du développement sportif et homme de base de Wild, et Julien Dupuy, entraîneur des "skills" (technique individuelle), au club depuis dix ans, comme joueur puis technicien.

Le capitaine Sergio Parisse s'en est ému le lendemain, estimant après la victoire face à Pau en Challenge européen (35-14) que "le timing de ces décisions n'était vraiment pas le bon".

Mohr paierait, selon Midi Olympique, ses désaccords avec Meyer sur la politique sportive menée, en contradiction avec l'objectif affiché, à l'arrivée de Wild, de construire un projet basé sur le centre de formation.

Lequel a pris un coup de canif avec la signature, pour après la Coupe du monde 2019, du troisième ligne et capitaine de l'Argentine Pablo Matera, qui risquerait par ailleurs de faire sortir le club des clous du plafonnement de la masse salariale.

La goutte d'eau qui a fait déborder le vase entre Mohr et Meyer, toujours selon le bi-hebdomaire qui, comme RMC Sports et L'Equipe, annonce l'arrivée prochaine, dans un rôle transversal aux prérogatives semblables à celles de Mohr, de Fabrice Landreau. L'ancien talonneur et entraîneur maison est libre depuis son départ du RC Toulon cet été.

- Rotation -

Quant à Dupuy, il lui serait reproché d'avoir soufflé sur les braises du mécontentement de certains joueurs historiques.

Tous formés au club, Djibril Camara (4 titularisations cette saison), Jules Plisson (7) ou encore Alexandre Flanquart (7) sont parmi les grands perdants de l'arrivée de Meyer, peu enclin à faire tourner son effectif en championnat.

Seul Flanquart est monté publiquement au créneau fin décembre, dans les colonnes de L'Equipe. "La façon dont la rotation est gérée est troublante et perturbante" a ainsi lancé le deuxième ligne, estimant qu'elle "pourrait être beaucoup plus équilibrée".

"C'est ce qui était prévu dans les discours. Il devait y avoir une rotation, sans hiérarchie. C'est frustrant car, en plus, je n'ai pas d'explication" a-t-il ajouté.

Flanquart évoquait aussi des frustrations quant au jeu pratiqué, avant tout fait d'occupation et de contre-attaque, "qui ne procure pas forcément de plaisir à tout le monde".

Dont au public de Jean-Bouin qui, devant les prestations proposées, notamment face à Grenoble fin décembre (23-20), a lâché quelques sifflets.

- Grève des encouragements -

Le "Virage des Dieux", principal groupe de supporters, a lui observé contre Pau une grève des encouragements, "une mesure déjà envisagée depuis quelques temps pour protester contre la politique du club vis-à-vis des supporters de base, avec une sélection par l’argent qui est totalement contraire à l’esprit de notre sport (...)", a-t-il écrit sur sa page Facebook.

"Les licenciements de Robert Mohr (...) de Julien Dupuy ne sont que les gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase" poursuit le groupe, estimant que la direction "ne fait que bafouer depuis le début de saison" le projet annoncé à l'arrivée de Wild.

Le milliardaire suisse d'origine allemande avait racheté au printemps 2017 à Thomas Savare un club menacé de faillite, quelques mois après le projet de fusion finalement avortée avec le Racing 92, contre lequel s'étaient élevés plusieurs joueurs historiques du club, habitué aux frondes de joueurs(autogestion pour décrocher le titre de champion en 2000, puis rébellions contre les entraîneurs australiens John Connolly, Ewen McKenzie et Michael Cheika). Moins de deux ans plus tard, Paris est de nouveau en ébullition.

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