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Accusé d'agressions sur mineurs, un ex-champion reconnaît "la quasi-totalité" des faits

Accusé d'agressions sur mineurs, un ex-champion reconnaît "la quasi-totalité" des faits
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Vincent Leroyer, ex-champion de France de natation et ex-manager du Rouen Hockey Club (RHC), accusé de viol et d'agressions sexuelles entre 1986 et 1996 sur cinq jeunes hockeyeurs, a reconnu lundi devant la cour d'assises de la Gironde "la quasi totalité des faits", sauf les actes de sodomie.

Placé sous contrôle judiciaire depuis le 7 avril 2014, l'ancien sportif de haut niveau, qui aura 61 ans mardi, comparaît libre pour des accusations d'"agressions sexuelles" et de "viols sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité sur la victime". Il risque jusqu'à 20 ans de réclusion.

"Je reconnais la quasi totalité des faits à l'exception des actes de pénétration anale" dont l'accuse l'une des cinq parties civiles, a-t-il affirmé d'une voix claire et posée dans sa première déclaration au président de la cour Jérôme Hars.

Les jeunes garçons, dont deux frères, étaient âgés au moment des faits de 8 à 13 ans, et pour la victime qui l'accuse de viol, de 6 à 14 ans.

Outre des attouchements sexuels, l'accusé reconnaît des actes de fellations "mais pas de sodomie", a précisé le président de la cour Jérôme Hars.

L'accusé a tenté d'expliquer, avec parfois des sanglots dans la voix, plus d'une centaine d'abus sexuels, attouchements, fellations ou masturbations durant dix ans, qu'il décrit aujourd'hui comme des "actes répréhensibles" qu'il voyait à l'époque comme des manifestations de son "affection" à l'égard des jeunes hockeyeurs dont il avait la responsabilité en tant que manager de club.

Il s'est présenté comme un "enfant adultérin", élevé dans "un univers clos" par une mère célibataire de quatre enfants "très sévère, autoritaire" et même capable de violences physiques et psychologiques.

Vincent Leroyer a encore évoqué "une vie familiale complexe et non normée", jusqu'aux "souvenirs flous" des agressions sexuelles qu'il affirme avoir subies de la part de son frère.

Le président s'est alors étonné qu'il n'ait rien mentionné à ce sujet lors de l'enquête de personnalité. "Ces faits-là, je les ai enterrés" tant ils sont "douloureux", a-t-il murmuré.

L'ancien champion de 100 m dos a également tenté de se justifier par "un complexe physique", explicité par le président Hars, la petite taille de son sexe. Une anomalie anatomique qui n'a pas été décelée lors des expertises, selon le président, mais qui selon l'accusé le perturbe depuis l'adolescence. "C'est pour moi, a-t-il dit, une source de honte et de frustration".

L'avocat du sportif, Me Etienne Noël, a rappelé que la mère de Vincent Leroyer se moquait de son "petit zizi".

Au président qui relevait qu'il n'avait pas eu la "moindre relation conjugale avant l'âge de 44 ans", l'accusé a expliqué que sa sexualité "a toujours été source de douleur".

L'expert-psychologue, Micheline Mehanna-Labedade, a décelé chez l'ancien sportif "un sentiment d'humiliation profonde", lié à un "contexte familial lourd d'incestualité et d'inceste" qui peut selon elle "rendre le passage à l'acte plus facile".

Le président a cité des victimes présentant Vincent Leroyer comme un "prédateur tissant sa toile", pour gagner la confiance des parents. Jusqu'à "se faire accepter comme un membre de la famille", a renchéri l'avocate générale, Martine Cazaban.

"Vincent était le big boss du club (...) j'avais une entière confiance en lui, (...) je n'ai jamais envisagé qu'il ait pu abuser de mes enfants, c'est ma grande faute", a témoigné le père de deux victimes pendant qu'un autre père, en larmes, a lancé "c'est un lâche".

Le procès doit s'achever mercredi.

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