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Le combat sans fin de la Chinoise Li Wenzu pour son mari emprisonné

Le combat sans fin de la Chinoise Li Wenzu pour son mari emprisonné
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La cohue, les policiers qui lui intiment de partir, les portes bloquées... Li Wenzu comment a y être habituée. Plus de trente fois, elle a essayé d'entrer.

De l'autre côté du mur de la Cour suprême, le sort de son mari est scellé, mais elle ne compte pas laisser tomber. Wang Quanzhang, l'un des plus célèbres avocats défendant les droits de l'homme en Chine, a été condamné à quatre ans et demi de prison pour "subversion" contre l'Etat. Le procès s'est toujours tenu à huit clos...

"Wang Quanzhang est en détention depuis trois ans et demi, et toute la procédure a été une suite d'illégalités. Le présenter à la cour fait juste partie d'un show", avait déclaré Li Wenzu le 28 décembre au moment de procès.

Une longue marche pour la justice et par amour

Trois ans sans voir son mari... Trois ans de combat pour Lu Wenzu, qui a entamé une longue marche pour attirer l'attention des médias étrangers et des organisations des droits de l'homme, qui depuis soutiennent le cas de son mari, comme bien d'autres en Chine.

En décembre dernier, Li se rase la tête. Un acte symbolique, que plusieurs sympathisantes et amies ont également réalisé par solidarité.

"La question n'est pas de savoir si la peine est sévère, elle ne devrait pas exister", explique Li. "Wang Quanzhang n'est pas coupable. En raison de sa persévérance, il n'a pas fait de compromis et n'a pas plaidé coupable. C'est pour ça qu'ils l'ont condamné à une peine sévère."

Saisir la justice, faire des pétitions, et même rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel, Li a tout essayé, pour mettre fin à ce qu'elle considère comme une injustice.

En avril, elle avait tenté une marche de 100 km, de la capitale vers le centre de détention où il se trouvait, afin d'attirer l'attention. Mais on l'empêche d'y entrer, tout comme les autorités lui interdisent d'assister au procès.

Elle a déclaré lundi qu'elle tenterait à nouveau de lui rendre visite la semaine prochaine à l'occasion du réveillon du Nouvel an chinois.

Sans nouvelles de son mari, qu'elle n'est pas autorisée à voir, le vide dans sa vie est immense. "Pendant le temps où nous avons été séparés, ces pensées surgissent tous les jours : que fait Wang Quanzhang ? Est-il en bonne santé ?", s'interroge la jeune femme. "Est-ce qu'il a assez à manger ? Est-ce qu'il a une couverture en hiver ? Parce qu'il me manque."

"Une grave injustice" pour les ONG

Des organisations internationales de défense des droits de l'homme ont vivement condamné le verdict annoncé lundi.

Pour Amnesty International, la peine de prison infligée à Wang Quanzhang est une "grave injustice".

Wang Quanzhang faisait partie du défunt cabinet d'avocats pékinois Fengrui, spécialisé dans les affaires sensibles : droits des paysans, camps de travail ou encore dissidents.

Les médias officiels l'avaient décrit en 2015 comme "un gang criminel" et accusé son fondateur et ses associés de "perturber l'ordre social".

L'avenir s'est également assombri pour beaucoup d'avocats, juristes ou militants des droits de l'homme interpellés en juillet 2015 par les autorités chinoises et pour subversion.

Rares sont celles et ceux qui, comme Li Wenzu, tentent de mettre de la lumière, de l'autre côté du mur.